1.11.06

l'homme de ma vie (1)



Voici quatre ans que lui et moi utilisions les moyens modernes de communication: chat, webcam mais aussi le téléphone et le courrier. Quatre ans que les continents nous séparaient. Ni lui ni moi n'étions encore prêt à sauter dans le grand bain d'une relation. J'ai lu son profil, j'y ai "vu" quelqu'un de sensible, honnête et... formidable. Au fil des conversations, nous nous trouvions de troublants points communs, découvrions l'univers de l'autre, par le truchement de la webcam. Quand il y a un an, quelqu'un est entré dans ma vie, il a patienté, remis son voyage en France à plus tard, ne m'a pas confié son désarroi ni son impatience.
"Jeudi 7 septembre 2006, je me réveille dans les bras de Laurent". Voilà ce qu'il avait écrit sur son agenda moleskine.
Pendant que je conduisais, de retour de mes vacances "studieuses" dans le sud-ouest, lui traversait les océans. Mes 700 kilomètres faisaient pâle figure à côté des 17000 qui nous séparent, qui séparent Paris de Melbourne.
Le 6/09/2006, je me trompe de terminal d'aéroport, nous nous attendons à deux endroits différents. Quand une heure plus tard, nous parvenons enfin à nous rencontrer, après ces quatre années de virtuel, c'est le choc, pour lui comme pour moi. D'aucun appellerait ça le coup de foudre. Nous ne savions pas que le sort nous réservait d'aussi belles surprises. Jamais je n'aurais cru... je ne pensais pas que... ça m'est tombé dessus et j'en suis encore estomaqué.
Il vit dans un grand appartement dans un pays démesuré et le voilà coincé pendant un mois dans mon vingt mètres carré. Nous nous construisons un quotidien, fait de petites habitudes et de virées extraordinaires, de promenades dans les bois et sous la tour Eiffel qui scintille. J'ouvre des portes cochères interdites, je l'emmène à l'Opéra Garnier, veux absolument lui montrer ce somptueux plafond de Chagall et trompe la vigilance des sentinelles qui empêchaient ce jour-là l'accès à la salle. Une nuit à contempler Paris du haut des marches de Montmartre. Une après-midi à observer les pensionnaires du zoo de Vincennes (Suricates, hippopotames, girafes et loup blanc). La fausse cascade et la vraie splendeur du Parc des Buttes Chaumont.
Mes amis, Mado, Nini, Tony, Amandine, Bernard l'accueillent à bras ouverts.
Il apprivoise ma "niche" de vingt mètres carré. Nous nous réveillons dans les bras l'un de l'autre et le monde nous appartient. Un sourire, un éclat de rire de lui et je fonds.
Chacun chez soi depuis un mois. Le passage à l'heure d'hiver nous décalent de deux heures. Quand il se lève, je me couche. Quand je me couche, il se lève.
Il est 22h22. Dans 8 minutes, je l'appelle et le réveille pour lui dire que je l'aime.

14 commentaires:

jean marie albouy guidicelli a dit…

on a tellement envie que cela nous arrive à tous que j'ai relu le texte 3 fois....

ohlebeaujour a dit…

hello Jean-Marie, ton message nous a ravis (Laurent et moi)... ça nous conforte dans l'idée que notre histoire peut inspirer et émouvoir...
Bises à toi de nous deux
Laurent et Laurent

coco a dit…

Mon Laurent

Toutes les histoires d'amour sont belles... J'ai eu en la lisant l'émotion et les frissons...Merci de nous faire partager cet amour..

Dans nos vies chaotiques qu'il est bon de trouver ici une part de douceur et de sincérité...


Merci Laurent

Bisous
Coco

Pascal Mary a dit…

c'est une bien belle histoire, vraiment et ça me fait penser à une chanson que j'ai écrite et dont voici le texte:
Peut-être que le jour les surprend
Serrés comme deux enfants
Et qu’au premier bonjour on entend
Leur amour évident

Peut-être que l’air frais du matin
Les voit, main dans la main
S’en aller d’un pas calme et certain
Au bonheur quotidien

Peut-être qu’ils retiennent éblouis
Dans leurs yeux agrandis
Des larmes qui leur viennent d’être aussi
Prés du paradis.

Peut-être aujourd’hui
Peut-être aujourd’hui

Peut-être que l’océan les suit
De ses vagues attendries
Quand longeant le jetée, ils sourient
Enivrés de la vie

Peut-être que le monde a changé
Quand ils se sont trouvés
Et que dans leurs secondes s’est glissé
Un peu d’éternité

Peut-être que le soir les entend
Amoureux et patients
Goûter au provisoire en sachant
Qu’il ne dure qu’un instant

Peut-être aujourd’hui
Peut-être aujourd’hui

Peut-être quelqu’un d’autre aujourd’hui
Lui redonne l’envie
Je ne suis plus cet autre aujourd’hui
C’est la vie .

alors évidemment, l'ayant écrite pour un amour n'ayant plus court, il y a une fin, mais finalement pas si triste que cela!

En tout cas je souhaite longue vie à votre amour!

ohlebeaujour a dit…

Quelle belle chanson! M*e*r*c*i* infiniment Pascal de la partager! J'espère l'entendre un jour. Ta voix douce sur ces mots doux et découvrir l'écrin musical que tu lui as donnée.

LPP a dit…

wow moi aussi je l'ai relu plusieurs fois et j'en ai les larmes aux yeux...tu as une sensibilité à fleur de peau, et beaucoup de tendresse, Laurent.
Un bisou,
C

Laurent Delpit a dit…

@ LPP
voyons, ne pleure pas C
je reviens très vite ^^
bisou itou

Opaline a dit…

Perso, la seule chose qui me vient à l'esprit après lecture c'est:"belle et longue vie à vous... Qu'elle soit heureuse et emplie de moment de joie, de bonheur"...
Et je ne vois pas ce que je pourrais dire d'autre... Si ce n'est que c'est touchant et beau...

mark david a dit…

I don't have enough subtlety in my French to tell you how moved I was by your blog post. Thanks for sharing your story.

delco a dit…

Très beau texte sur l'amour entre deux êtres. Chaque phrase, chaque mot exprime tous les sentiments que tu peux avoir pour cet homme, pourtant si loin de toi.
Je ne peut vous souhaiter qu'une seule chose : c'est que la vie fasse disparaitre les 17000 km qui vous séparent. Pour que vous puissiez à nouveau contempler le ciel étoilé d'un des deux émisphères sans avoir à vous demander combien de temps il faudra encore attendre pour pourvoir profiter ensemble de ce beau spectable.

Cantabile a dit…

Une bien belle histoire que tu nous conte là, pas facile non plus vu la distance, mais la facilité, on le sait bien, ne fait pas le bonheur.

Boby7713 a dit…

Je te lis pourtant assez régulièrement.
Mais ce texte... Je n'étais pas encore remonté aussi loin. Une photo, un instantané dont on voudrait protéger les couleurs pour qu'elles ne fadissent jamais !
Tu as réussi à m'émouvoir, c'est malin, tiens !

tarmine a dit…

merde! t'aurais quand même pu en trouver un plus prés, au prix ou est le carburant!!!!:)

ohlebeaujour a dit…

@ Opaline
merci :o) hélas, l'histoire est terminée. Je rêve qu'un jour elle reprenne, dans cette vie ou dans une autre.

@ mark david
thats one of the goals of my blog : to move people with real stories, real people, and everything, absolutely everything i write in this blog is true

@ delco
ainsi que je l'écrivais à Opaline, l'histoire a vécu mais elle reste profondément ancrée en moi, c'est pour cela que je le considère comme "l'homme de ma vie" ; ce ne sont pas que des mots

@ Cantabile
exact! c'est souvent dans l'adversité qu'on recueille des instants de bonheur

@ boby7713
merci pour ta fidélité
tu ne pouvais pas avoir lu les presque 300 billets, en général, on picore un blog /
ému que tu mon histoire t'ait ému

@ tarmine
je pouvais difficilement trouver plus loin !!!