2.11.07

à tous ceux qui nous serinent ces poncifs


Il faut garder le moral.
Essayer d’être optimiste, relativiser.
Demain est un autre jour.
Après la pluie, le beau temps, etc.
A tous ceux qui, sans doute pleins de bonnes intentions, nous serinent ces poncifs, je réponds : « On ne va quand même pas sauter de joie et faire comme si tout allait bien ! »
Mado souffre. Elle ne va pas taire sa douleur pour leur faire plaisir, non mais des fois ! D’autant qu’elle n’est pas douillette. Ca fait cinq mois qu’elle souffre et ne sait plus où se mettre.
Et voilà qu’un chirurgien lui sort les mêmes insanités : « vous savez, la douleur, c’est subjectif. » J’aimerais bien qu’elle lui balance sa canne par la figure et lui rétorque : « la douleur, c’est subjectif. »
Certes, il n’a pas tort, mais il est maladroit, extrêmement maladroit, et de plus incompétent quand on se rend compte qu’il ne voit pas que depuis deux jours il manque un anti-inflammatoire dans le pilulier de sa patiente (ou plutôt la patiente de son confrère).

Les ascenseurs peinent à atteindre le deuxième étage de la clinique. Régulièrement les gens lanternent. Sans voir le bout d’un ascenseur.
Les deux ascenseurs sont au rez-de-chaussée, les portes grandes ouvertes. Ils attendent des visiteurs qui ne viennent pas. Le hall est désert.
On n’est plus à un dysfonctionnement près…

Quand tu vois la lumière dans le tunnel, tu nous préviens d’accord ?

7 commentaires:

Anonyme a dit…

Et mado,
Elle peut pas le dire qu'il y manque un cacheton ?
Si les gens étaient moins assistés, et se responsabilisaient davantage, ça tournerai probablement mieux aussi !
Il est tellement facile de critiquer.

Laurent Delpit a dit…

Quand cet internaute sera passé par la souffrance, le confinement et l'indifférence, il pourra à son tour critiquer le critiqueur que je suis.

Anonyme a dit…

Mais qu'elle quitte cet hôpital si elle n'est pas satisfaite !,
Plutôt que critiquer à tout va !
Il faut savoir assumer ses choix ! c'est ça aussi se responsabiliser.
Et je te rassure, ce n'est pas seule à connaître ou avoir connu ses sentiments.
Ton jugement est vraiment hâtif.
Probablement aigri par la vie !

Anonyme a dit…

Cher anonyme, il n'empêche qu'on ne dit pas à quelqu'un qui souffre que la douleur est subjective. Surtout si on est spécialiste et qu'on sait comment y remédier.

Moi, je ne sais pas ce qui s'est exactement passé, mais bon, c'est un blog, un journal, certes public, mais avant tout une expression d'impressions subjectives. Un cri du coeur parce qu'on aime quelqu'un, on n'y répond pas par de l'agressivité, ça n'a jamais aidé à faire comprendre son point de vue.

Et tiens, j'aurai le même courage que vous, je resterai anonyme...

vallisneria a dit…

je suis très touchée par ce post
je ne sais pas qui est Mado et je ne connais pas le contexte vu que ce n'est que la 2e fois que je me promène sur votre blog
par contre je sais ce qu'est avoir mal, être à l'hôpital, ne pas se sentir "individué" et çà, c'est pire que tout
je trouve effectivement que le médecin a fait une grave faute psychologique
qu'estce que çà veut dire "la douleur est subjective" ? elle souffre, elle souffre, point barre ! personne ne peut ressentir cette mm souffrance à sa place !
je trouve que les gens qui travaillent dans le milieu médical devrait prendre des cours .. d'humanité..

Laurent Delpit a dit…

@ vallisneria
c'est vrai que tant qu'on n'est pas touché (soi-même ou un proche) on peine à comprendre la souffrance (physique et morale)
heureusement son chirurgien, un autre que celui qui l'avait "rembarrée" était autrement plus humain / celui qui a opéré mon père en juin dernier est tout bonnement génial 1/ il lui a sauvé la vie 2/ il est très abordable, doux, et ne vous prend jamais de haut, quelqu'un de bien

nicole a dit…

réponse au premier anonyme qui a laissé deux commentaires:

rendez-vous sur un lit d'hôpital à 77 ans.
quand on est bien élevé, on a le respect du travail, ce qui est le cas de Mado.

Nicole, sa fille