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17.2.09

Goûter littéraire à Albi


pour lire l'article, cliquez sur la photo

C'est au restaurant-bistrot Le Pré en Bulle à Albi, à partir de 16 heures, aujourd'hui. Au programme, trois conteurs (Claudio le Vagabond, Elisabeth et Arlette des Conteuses de Cantepau et le Conteur Mystère), des échanges autour de la littérature jeunesse, la sélection des libraires autour du thème : histoires pour rêver ou pour faire peur (Cris pour la librairie le Passage à l'Acte & Emmanuelle pour la Librairie des Enfants) pour les petits à partir de 7 ans et les grands comme vous et moi. Notre ami Fabien Loubière, patron du Pré en Bulle, vous concoctera crêpes et chocolats chauds.
Venez nombreux !

P.S. retrouvez l'actualité du Café littéraire d'Albi sur http://cafelitterairedalbi.blog.lemonde.fr
P.P.S. pour la troisième édition du CLA, le mardi 17 mars à partir de 19h30, nous vous invitons à préparer le premier concours d'insultes (fouillez la langue française, les langues étrangères, soyez imaginatifs, créez ; vulgarité proscrite : c'est possible!)

4.2.09

CLA 2


Les images du Café littéraire d'Albi du 20 janvier 2009 sont en ligne.
Cliquez ici pour voir les photos d'Ariane Ruebrecht.

2.2.09

The Group The Vendredi 6 Février 2009 @ The Bolegason


L’autre soir, Emilie me racontait comment est né The Group. Entre quatre yeux et quatre verres de Bergerac sec, elle me fait le récit de quatre copines de dix ans…

« On avait une "connerie" commune : on adorait se déguiser mais on voulait sortir dans le monde avec nos rôles improvisés. Chaque fois un thème : il y a eu "mauvais goût", "Miss France", "gothique", "bobo", "homme". On commençait par un bar pour inaugurer nos frasques. Puis s’ensuivait le resto, la tournée des troquets et le bouquet final en boîte de nuit ! La soirée la plus drôle a sans doute été "Miss France" pour laquelle on a gagné la sympathie des gens qu’on croisait. Affublées de robes de soirée, d’écharpes de miss et de couronnes, escortées par "notre" Mme de Fontenay et son ami JP Foucault, on surprenait. Les gens s’invitaient à notre table, se mêlaient à nos conversations…

De fil en aiguille, est venue à Céline l’idée de faire une soirée "groupe rock". Et nous voilà parties dans la cave d’un copain à se prendre en photos avec les instruments, à se la jouer stars d’un soir… Puis Céline et Angélique (la seule vraie musicienne de la bande) ont écrit et composé (par msn, c’est pas rien, tout de même !) « la Vie en Méhari » ; étant jusqu’au-boutistes dans nos délires, on a tourné un clip, écrit une autre chanson : « Marie Chantal » et un autre clip…

Il ne nous restait plus qu’à créer notre MySpace, un nouveau titre : « Palpe moi les Seins » et un défi de taille : on a postulé pour le tremplin Rock’n’Tarn.

Là, plus question de plaisanter. Fallait se mettre au boulot. Sérieux ! On allait monter sur scène. C’est à ce moment-là que se sont joints à nous deux vieux potes d’enfance, musiciens eux aussi. Et comme il s’agissait d’un groupe de filles, ils n’ont pas hésité à se jeter dans une robe.

Eh bien, figure-toi qu’on a remporté le Prix Spécial du Jury, et champagne à gogo !

Et voilà comment on se retrouve 2 ans plus tard à monter notre asso et à jouer au Bolegason le 6 février prochain ! (ce vendredi) »

Salle de concert mythique dans la région, le Bolegason (à Castres) accueille régulièrement un public de 500 aficionados. Et vous ?


Pour info :
www.myspace.com/thegroupalbi
soberavenue.asso@yahoo.fr


http://www.myspace.com/lobolegason

LO BOLEGASON - 69 rue d'Auque - BP 30143 - 81103 CASTRES cedex
T : 05 63 62 15 61 - F : 05 63 62 15 60

25.1.09

...cherche emploi stable à Hollywood...


Bette Davis fait la couverture de TIME Magazine le 28 mars 1938 ©
Time Inc. / Bette Davis is on the cover of TIME Magazine, March 28th 1938

« Mère de trois enfants âgés de 10, 11 et 15 ans, divorcée, de nationalité américaine, 30 ans d’expérience dans le domaine cinématographique, encore alerte et plus aimable que ne le prétend la rumeur publique, cherche emploi stable à Hollywood. Connaît Broadway. Bette Davis. Références à l’appui. » C’est cette annonce que l’actrice fait paraître, par manque de travail, dans the Hollywood Reporter en septembre 1962.

It is perhaps the most famous advertisement in the history of Hollywood, an ad listed under the category « situations wanted, women/artists, » dated Sept. 21, 1962, and taking up an entire page of The Hollywood Reporter. The ad reads: « Mother of three -- 10, 11 & 15 -- divorcee. American. Thirty years experience as an actress in motion pictures. Mobile still and more affable than rumor would have it. Wants steady employment in Hollywood (has had Broadway). »

Astonishingly, the ad was placed by none other than Bette Davis, when the star was at the nadir of her storied career and desperately in need of work.

22.1.09

L'alpenage de Knobst


Si vous êtes parisien (occasionnel ou résidant), ou francilien, allez voir l’Alpenage de Knobst au Théâtre 14 – Jean-Marie Serrault

Deux amis blogueurs ont figuré parmi les premiers spectateurs. Je vous invite à lire leurs "comptes rendus" mais vous invite à ne pas tout lire, si vous souhaitez faire l’expérience qui les a troublés.

Il y eut Oh ! accompagné de Bougrenette (un joli collage de photos "chez elle", un extrait de Britannicus et une histoire de femme au volant)

photo publiée ici avec l'aimable autorisation de Bougrenette (tu veux bien, ma p'tite Val?)

Un extrait d’Oh ! « Au plus fort des engueulades, (avant le spectacle) un morceau du mur s'est détaché pour tomber dans la salle, puis un morceau du balcon. Là, plus personne n'était vraiment rassuré. On ne comprenait pas, d'ailleurs, que le spectacle ne commence pas encore. Je ne sais plus bien qui est sorti pour essayer de comprendre ce qui se passait. En tout cas, il revint blême, en expliquant que les portes du théâtre avaient été fermées, et qu'il n'y avait personne. Et là, l'ouvreuse s'est mise à frémir et à sangloter. (…) Tout le monde lui est tombé dessus, à cette pauvre fille, le ton est monté d'un cran, et le balcon s'est effondré. »

« Le texte de la pièce est assez drôle, la distribution est brillante, la mise en scène est vive, pleine de trouvailles, appuyée par un décor ingénieux. On a passé une bonne soirée. »

Mardi, mercredi, vendredi, samedi à 20h 30
Jeudi à 19 h
Matinée samedi à 16h
Relâche dimanche et lundi; jusqu'au 7 mars.
Renseignements et réservations
au théâtre ou par téléphone au 01 45 45 49 77
Texte de Jean-Loup Horwitz, mise en scène de Xavier Lemaire, avec Katia Tchenko, Laurence Breheret, Letti Laubiès, Benjamen Brénière, jacques Brunet, Xavier Lemaire et Guy Moign.

17.1.09

à mardi !


Et voilà, chers amis, l'affiche définitive du CLA

cafe litt 30 20 200

Transmettez-la à vos e-correspondants (photo d'Ariane Ruebrecht - création affiche de Milypops)

Rendez-vous au Pré en Bulle mardi 20 janvier aux environs de 19h30.

Nous parlerons de quelques grands écrivains "nobélisés" (les lauréats du prix Nobel seront, pour un moment, le pavé-fil rouge du CLA).

Le parcours du mois sera celui de Cris Latger de la librairie de bandes dessinées le Passage à l'Acte. Il nous présentera une sélection d'ouvrages qui seront vendus au cours de la soirée.

Nous écouterons Claudio le Vagabond (un des piliers du CLA), Sorcier Apokalyps, M le Chat, et aussi... Vous verrez bien.

Pour en savoir plus, branchez-vous sur Philippe Brémaud de Radio Albigès, lundi 19 et/ou promenez-vous sur le blog du Café littéraire d'Albi.

A mardi!

1.1.09

Des images se racontent...


Je vous conseille vivement une visite à la Médiathèque de Saint-Juéry afin d'y découvrir une exposition de photos sublimes glanées lors des 1000 jours et 1001 nuits où Philippe Dulauroy et Claude Mamier ont parcouru le monde. Philippe y a promené ses mirettes pour photographier gens et paysages. Claudio ses esgourdes pour récolter des contes.

L'exposition aura lieu du 2 au 31 janvier 2009 à la Médiathèque municipale - Parc François Mitterrand 81160 Saint-Juery

Joignez-vous à nous le vendredi 9 janvier à 18h30* pour le vernissage. Claudio dit le Vagabond contera « d'ici et d'ailleurs
», ensuite de quoi vous sera offert un apéritif dînatoire. A 20h30, Claudio et Philippe vous feront le récit de leur voyage.

photo Philippe Dulauroy ©
* réservation conseillée : Tel. 05 63 45 93 44 courriel : mediatheque@ville-saint-juery.fr

Si vous n'êtes pas tarnais ou midi-pyrénéen et/ou que vous avez un excellent alibi pour ne pas être des nôtres, découvrez contes, photos et carnets de routes sur le site des
« raconteurs d'histoires » : http://www.1000jours1001nuits.net/
et puis le blog de Philippe Dulauroy alias Dul : http://dul.amsud.net/

30.12.08

Le troisième mardi du mois


Chers amis,

Veuillez noter sur vos agendas tout neufs que, désormais, vous n’êtes plus disponibles le troisième mardi du mois.

Ah bon, mais pourquoi ?

Parce que, têtes de linottes, vous avez rendez-vous au Pré en Bulle qui, ces soirs-là, accueille le Café littéraire d’Albi.

C’est pas chic, ça ?

Cependant, direz-vous, car vous avez quand même de la jugeote, qu’est-ce que c’est-y donc, ce machin de Café littéraire ?

Eh ben, voilà : 1) c’est un café dans un café, enfin plutôt une brasserie qui fait même restaurant, par conséquent, on peut y boire et manger. C’est vivement conseillé, recommandé, voire obligatoire. 2) littéraire, ce qui signifie, vous l’aviez compris, futés que vous êtes, qu’on y cause littérature.

Ne paniquons pas, ça n’a rien de barbant. Promis juré. La preuve, vous pourrez dès le 30 décembre à 9h, écouter sur Radio Albigès la mise en ondes (réalisée par Jonathan alias Sorcier Apokalyps et Claude Mamier) de la première édition du CLA. L’émission sera rediffusée le samedi 3 janvier à 13h30. Vous pourrez écouter la seconde partie le mardi 6 et samedi 10 janvier aux mêmes heures. Merci à Radio Albigès de faire écho aux discussions du CLA.

Des discussions ?

Et même des débats, parfois des prises de bec, des monologues, dialogues et autres bavardages.

Le CLA tentera de s’articuler autour de quelques thèmes récurrents, qualificatif qui, dans les maisons d’édition, définit généralement le héros acharné à faire son trou – Tarzan, le commissaire Maigret, Rahan, Bob l’Eponge, Buffy, Titeuf et consorts. Ceci pour que vous notiez au passage l’ouverture d’esprit du CLA.

Revenons à nos moutons, et donc à nos axes.


LE MENU MENSUEL

Le Pavé du Chef – nous ne voudrions pas insister, mais nous sommes dans un lieu de restauration. Ce sera le plat de résistance, le gros morceau que se partageront divers intervenants.

Le Parcours – présentation d’un auteur, traducteur, éditeur, libraire, imprimeur, professeur de littérature ou d’autre chose, bibliothécaire, documentaliste, iconographe, graphiste, dessinateur, illustrateur, maquettiste, comédien, diseur, conteur, slammeur, rappeur, chanteur… ouf ! on arrête l’énumération qui n’est pourtant pas terminée. Le livre en fait travailler, du monde. A nous de le défendre dans cette période difficile.

Ça fait genre – littératures de genre, id est les littératures populaires, celles qui plaisent à tous les publics, particulièrement au jeune public, celles qu’on a une fâcheuse tendance à mépriser, et que nous nous emploierons à défendre. Polar, science-fiction, fantastique, héroic fantasy, anticipation, roman sentimental, etc. Cette rubrique vous sera servie, en principe, par Michelle Charrier, Claude Mamier et autres. Nous aurons ainsi le plaisir de recevoir auteurs et traducteurs réputés, nombreux dans notre région.

Le Prof du Coin – vous êtes professeur de littérature ou plus simplement de français, vous avez évidemment des tas de choses à raconter. Vous pouvez même vous faire escorter de vos élèves.

Pour l’instant, c’est Jérôme Cabot, Maître de conférences en Littérature française à l’Université Champollion et chargé de mission à l’action culturelle, qui s’y colle. Et en plus, il slamme !

Incise – vous êtes un jeune auteur, vous bloquez, vous doutez, on refuse de vous publier, ça vous reste en travers du gosier… venez rencontrer parrains et marraines littéraires au Pré en Bulle.

Méli-mélo – les livres que vous, nous, on aime, ou que l’on exècre. Partagez avec nous vos élans et vos écœurements.

ShowTime – selon l’humeur, les possibilités, les disponibilités des uns et des autres : expositions, lectures, sketches, BéDés, contes, musiques, chants, etc (vos suggestions sont les bienvenues).

Ephéméride – les événements culturels en relation plus ou moins proche avec la littérature, les concours, manifestations, bref les dates à noter.

Littérairement vôtre,

Nicole Hibert et Laurent Delpit

(la suite sur le blog du Café littéraire d'Albi et quelques instantanés captés par Ariane Ruebrecht)

P.S. s'il y a parmi vous des connaisseurs en CSS et présentation de blogs lemonde.fr et prompts à nous éclairer de leurs lumières... écrivez-nous.


20.12.08

Pierre Etaix'position


Avant de vous donner des nouvelles de Pierre Etaix, je vous propose une interview qu'il a accordée au magazine PARIS-MATCH Belgique du 13 novembre 2008, à l'occasion d'un chaleureux hommage qui lui a été rendu à Bruxelles, au Théâtre de la Toison d'Or.


L'homme invisible ou le dernier film de Pierre Etaix.

Le 18 novembre prochain, Bruxelles rendra hommage à l'immense carrière d'un jeune homme de 80 ans. Gagman, dessinateur, magicien, écrivain, comédien et réalisateur de films, Pierre Etaix cultive de multiples talents. Mais surtout, depuis toujours ou presque, comme si son nez rouge avait été déposé par une fée dans son berceau, c'est son "état" de clown qu'il privilégie. Le meilleur ami français de Jerry Lewis nous a reçus dans son appartement de Pigalle pour nous conter une histoire qu'il n'aurait pas eu l'idée d'écrire. Où comment tous les films qu'il avait réalisés avec son complice Jean-Claude Carrière dans les années 60 sont devenus invisibles. Sous toutes formes et dans le monde entier!

Comment aborder l'expérience d'un tel homme sans manifester trop d'ignorance? Pierre Etaix amusait déjà son public sur les planches des cabarets parisiens avant même que Bruxelles eût construit son Atomium. Une vie entière consacrée à l'humour. En d'autres termes, à l'observation des petits et grands travers des hommes et de l'humanité. Une vie entière à faire rire et sourire, ce qui est certainement une activité très sérieuse si l'on veut aller au-delà de la grimace et des jeux de mots faciles.

Roi du gag un peu oublié, Pierre Etaix fut autrefois le collaborateur de Jacques Tati. C'était en 1954. Il n'avait que 24 ans et ses talents de dessinateur avaient intéressé le créateur de Monsieur Hulot. Etaix avait pour mission de croquer sur papier des idées de scènes comiques. Plus tard, en 1958, il fut aussi assistant réalisateur sur le tournage de « Mon oncle ». Ensuite, il concevra ses premiers films avec la complicité de son ami de toujours, Jean-Claude Carrière. Des courts métrages d'abord, dont le deuxième, «Heureux Anniversaire », fut couronné, ni plus ni moins, d'un Oscar à Hollywood en 1963. Viendront ensuite plusieurs longs métrages. « Le Soupirant» en 1962, « Yoyo» en 1964, « Tant qu'on a la Santé» en 1965, «Le Grand Amour» en 1968 et « Pays de Cocagne» en 1969. Des films récompensés par d'innombrables prix. Des films particuliers témoignant avec talent d'un imaginaire burlesque trop peu visité par le cinéma français. Des films qui ont forcé l'admiration des plus grands noms du cinéma ... Mais des films aussi que l'on ne peut plus voir nulle part, alors qu'ils intéressent nombre de distributeurs. Que ce soit à la télé, au cinéma, sur DVD, les films d'Etaix ont disparu. En cause, un regrettable imbroglio juridique ...


Paris Match Belgique. Par quel chemin êtes-vous arrivé dans cette impasse?

Pierre Etaix. En 1996, j'ai estimé que la société qui avait produit mes cinq longs métrages ne les exploitait plus suffisamment. J'avais des propositions d'un important distributeur qui voulait leur donner une seconde vie. J'ai donc refusé de renouveler la cession de mes droits, mais le gérant de la boîte de production était un homme habile ... Il a pu convaincre Jean-Claude Carrière, le co-auteur de ces films, de signer la prolongation du contrat. Voyageant beaucoup, mon ami a été abusé. Il ne savait pas que j'avais fait un autre choix ...

Ce qui a conduit à une première situation de blocage?

Oui, car faute d'accord commun entre les auteurs, l'exploitation des films devenait impossible pour dix ans. Le seul droit que je conservais encore était de les montrer lors de manifestations non commerciales. Six ans plus tard, en ayant assez de voir notre travail perdu dans cette oubliette juridique, Carrière et moi avons tenté une première action. Notre but était d'accéder aux négatifs afin de faire procéder à leur restauration, ce qui était le premier pas vers une nouvelle exploitation des films. En mai 2002 d'abord, puis en février 2003, nous avons gagné ce combat devant les tribunaux.

Tout était donc pour le mieux.

Oui, bien entendu. Jean-Claude et moi, nous étions très enthousiastes ... Me Francine Wagner-Edelman, l'avocate parisienne qui nous avait obtenu cette belle victoire, nous a annoncé qu'elle pouvait aussi nous aider pour la restauration des films et leur remise en exploitation: Gavroche Productions, une société dont son frère était le gérant, pouvait se charger de tout. Formidable!
N'est-ce pas? Nous étions en confiance. On a signé un projet de contrat.

Et puis?

Rien.

Comment cela, rien?

Rien ne s'est passé pendant deux ans. Le contrat n'avait même pas été contresigné par le frère de notre avocate.

Pourquoi?

Pour le savoir, on a cherché à entrer en contact avec Gavroche. Tout ce qu'on a trouvé, c'est une boîte aux lettres, une société fantôme!

Votre réaction?

En novembre 2006, nous avons repris l'initiative, obtenant l'aide de la Fondation Groupama Gan pour le cinéma, ce qui a permis la restauration d'un premier film (Yoyo). Début janvier 2007, après des échanges de courriers improductifs, nous avons réclamé à notre avocate de nous restituer l'original du projet du contrat qui comportait nos signatures ... et cela s'est encore envenimé. Désormais, elle se profilait comme l'avocate de son frère ... lequel s'est alors décidé à signer le contrat.
Et, très peu de temps plus tard, ce document était déposé au RPCA (Registre public du cinéma et de l'audiovisuel). Une clause avait été ajoutée sans être contresignée par nous.

Pardon?

Oui, c'est du faux et de l'usage de faux! Nos droits étaient entièrement cédés. On était pieds et poings liés. La société fantôme s'était octroyé une arme pour tout bloquer: rediffusions télé, éditions de DVD, projections publiques... Pour couronner le tout, on a découvert que l'avocate qui nous avait mis dans de si mauvais draps avait des intérêts dans la société de son frère.

N'avez-vous pas été un peu naïfs dans cette affaire?

Est-ce naïf de faire confiance à son avocat? J'ai mis du temps, c'est vrai, à comprendre qu'elle avait agi dans l'intérêt de son frère.

Que fait la justice française?

La ministre de la Culture connaît le dossier. Elle est sensible à notre cause. Mais, bien évidemment, les tribunaux sont indépendants. En juin 2007, une première action pour faire supprimer l'inscription du contrat litigieux au RPCA n'a pas abouti. Le tribunal s'est déclaré incompétent. Une nouvelle action judiciaire est en cours ... Comme en 2002, il s'agit d'avoir accès à nos négatifs pour les restaurer et permettre une nouvelle exploitation des films ...

Des distributeurs sont intéressés?

En mai et en juillet 2007, il y a eu deux projections non commerciales de « Yoyo ». Dans le cadre de la «Sélection Cannes Classique» et au Festival de Paris Cinéma. On a fait salle comble. Il y a eu des demandes d'acquisition de distributeurs français et étrangers. Actuellement, il n'est pas possible d'y donner suite.

Vous perdez de l'argent ...

Ce n'est pas une question d'argent. Pour moi, les recettes pourraient être mises sous séquestre en attendant que la justice clôture définitivement le débat sur les droits d'auteur. C'est une question de dignité, de respect d'une création artistique. Il est inacceptable d'ainsi priver des auteurs du droit de montrer leurs créations. J'attends avec beaucoup d'espoir un jugement qui doit être prononcé à la fin de ce mois de novembre.

En ne restaurant pas vos films et en ne les diffusant pas, vos adversaires ne gagnent pas grand-chose. Quel est leur mobile?

Peut-être espèrent-t-ils un jour revendre leur société fantôme en valorisant son seul actif, c'est-à-dire le catalogue de mes films? Peut-être que cela devra se faire quand j'aurai cassé ma pipe? Peut-être avec des Japonais ou des Suisses? Que sais-je finalement de leurs réels desseins? Pour moi, la vraie question n'est pas là. Je souhaite de toutes mes forces que l'opportunité de faire revivre mes films puisse se concrétiser. J'ai travaillé beaucoup, pendant toute ma vie. Me voir ainsi dépossédé de mon oeuvre est insupportable.

D'après le spécialiste belge des médias Alain Berenboom, la jurisprudence vous est favorable. Un producteur qui est en défaut d'exploiter une oeuvre ouvre la possibilité à ses auteurs d'en récupérer les droits.

Tout à fait d'accord avec lui. Et dans cette affaire, c'est encore plus vrai, vu que le « producteur» n'a jamais rien produit. Le seul acte qu'il a posé est d'avoir apposé sa signature au bas d'un contrat.

A malheur, il y a toujours quelque chose de bon: vous bénéficiez d'innombrables manifestations de soutien.

Cette sollicitude me dépasse complètement. Je la trouverais presque encombrante. Je n'ai jamais voulu être médiatique. Faire des déclarations sur la société, sur mon travail ou sur ma personne ne m'a jamais intéressé. Si cette levée de boucliers pour venir à mon secours me fait chaud au coeur, elle me met mal à l'aise. Je m'étonne que l'on puisse donner tellement d'importance à quelque chose qui me concerne ... Je suis tout de même ravi qu'aujourd'hui encore des gens souhaitent voir ou revoir mes films. Ceux-ci utilisent un procédé narratif qui renvoie aux pionniers du 7e Art: le « slapstick ».

Vous pouvez nous expliquer?

Voyez les films de Buster Keaton, de Laurel et Hardy ou d'Harold Lloyd. Ils proposent des enchaînements de gags qui peuvent être compris au premier degré, presque de manière universelle. C'est cela, le slapstick: un mode de récit qui ne s'appuie pas sur le verbe (les dialogues) mais sur la mise en situation des personnages. Si vous projetez « La Ruée vers l'or», qui a été réalisée en 1928, cela parle encore aux spectateurs d'aujourd'hui. Les modes, les décors changent mais, fondamentalement, les problèmes humains restent les mêmes: la faim, la mort, l'injustice. Le besoin de dérision et de rire aussi. Tati, notamment dans « Les Vacances de Monsieur Hulot », avait renoué avec cela: il ne racontait pas une histoire, c'était un pur produit d'observation des facéties d'un personnage qui part un mois en vacances.

Vous avez des héritiers dans le cinéma français ?

Je crains que non. Moi-même, je n'ai plus trouvé de producteur depuis que j'ai réalisé « Pays de cocagne », en 1969. Un film dans lequel, un an après Mai 68, je relativisais la portée de ces événements en montrant que le retour fulgurant de la société de consommation était déjà là. Je filmais les Français en vacances. Un peu dans le style de ce que fera plus tard une émission de télé belge comme « Strip-tease ». Il y avait énormément de dérision et à l'époque, cela n'a pas plu du tout à la critique. J'ai été descendu avec une violence inimaginable. Je n'ai plus jamais pu faire de cinéma. Cela m'a condamné complètement. Par la suite, quatre projets de film ont été refusés. L'un de ceux-ci devait se faire avec Coluche, un autre avec Jerry Lewis ... Des expériences malheureuses qui m'ont permis de plus m'investir dans ma vraie passion, le cirque (NDLR: il a créé l'Ecole nationale de cirque en 1973) et dans d'autres formes d'expression. Je n'ai jamais arrêté de travailler.

A presque 80 ans, après l'avoir tellement observée, que pensez-vous de la société humaine?

Tout est devenu si dérisoire. Et cela complique le rôle du comique.1I fut un temps où l'on pouvait s'amuser de l'aspect physique ou de l'habillement d'un personnage. Aujourd'hui, il y a trop d'"Iroquois" dans les rues pour qu'il suffise encore à l’Auguste de se couvrir la tête de cheveux rouges pour emporter un premier sourire. J'ai aussi le sentiment que les gens sont de plus en plus manipulés. Qu'ils sont conditionnés par une inflation d'informations qui leur fait perdre le sens des choses. Comme si tout se valait...

Vous êtes dessinateur, clown, illustrateur, cinéaste, scénariste, magicien ... quoi d'autre?

On peut s'arrêter là. Ma chance est que ces différentes formes d'expression se sont enrichies les unes les autres. Toutefois, j'ai la conviction profonde, au regard des grands modèles qui m'ont inspiré, que je n'ai été rien d'intéressant dans aucun domaine ... sauf peut-être dans le domaine du cirque.

Que pensez-vous des humoristes d'aujourd'hui?

Trop d'artistes montent sur scène pour donner des leçons et paraître plus intelligents que leurs spectateurs. Ils viennent se faire applaudir dans la position de ceux qui détiennent une vérité. Je préfère l'humilité du clown qui, comme le disait Stan Laurel, n'a jamais peur de se faire passer pour un imbécile. Cela demande, il est vrai, un certain panache. Du « courage », disait même Charlie Rivel (NDLR: célèbre clown espagnol disparu dans les années 80). C'est pour cela aussi qu'être clown est un "état", une manière de vivre et de penser. Pas une fonction. C'est aussi un don, comme celui d'avoir l'oreille musicale. On peut apprendre des techniques et des trucs. Mais apprendre à être comique, ce n'est pas possible. De même que le talent ne suffit pas. Il faut aussi beaucoup de travail, de la patience, de l'observation. Des essais. Des échecs. Et surtout des confrontations au public. Brassens disait que « le don sans travail devient vite une sale manie ». Les clowns qui ne comprennent pas tout cela chercheront leur nez pendant toute leur vie.

Etes-vous heureux de l'hommage que Bruxelles s'apprête à vous rendre?

Ça m'inquiète beaucoup. C'est vraiment gênant d'être statufié de la sorte. J'espère que ce sera une fête.

A quoi consacrez-vous votre énergie créatrice en ce moment?

A plusieurs choses, bien sûr. Je prépare un spectacle de music-hall. Je dessine, j'écris ... des textes particuliers. Dans l'esprit de Chaval qui, dans un texte intitulé « Vantardise », proposait des phrases du genre: « J'ai très bien connu Louis XVI et Marie-Antoinette avant qu'ils ne fussent séparés. » Cela nous rappelle qu'il n'y a pas de situations proprement comiques, il n'y a que des situations dramatiques qui prêtent à rire. D'ailleurs, saviez-vous que j'ai bien connu le soldat inconnu avant qu'il soit célèbre ?

Propos recueillis par Michel Bouffioux,
Paris-Match Belgique du 13 au 19 novembre 2008


L'article poursuit avec:
Un homme libre

« M. Etaix est un homme charmant et délicat, d'une grande courtoisie. Clown timide, trop timide. Pour qu'il se mette en colère et se jette dans la bagarre, il lui en faut beaucoup. Et c'est ce qui est en train de se passer ... » C'est ainsi que Serge Toubiana, le directeur général de la Cinémathèque française, évoquait récemment la personnalité de Pierre Etaix. De fait, lorsque l'artiste ouvre la porte de son appartement sis dans le quartier de Pigalle, il séduit d'emblée par sa simplicité et sa modestie. Mais cela n'a rien à voir avec de la timidité. Cette attitude renvoie plutôt à un mélange d'humilité et de tendresse, des vertus devenues rares dans le monde des hommes, voire carrément étranges dans celui des "people". Des qualités qui appartiennent à "l'état de clown" de notre hôte, lequel a toujours redouté la médiatisation comme d'autres se méfieraient d'un virus qui traîne dans l'air. William Shakespeare a écrit des clowns qu'ils sont des prophètes qui disent la vérité par le plus court chemin. Et, de fait, Pierre Etaix n'aime guère l'emphase et les discours de tribuns, fussent-ils distillés sous les habits de l'humoriste. C'est un homme libre, un créateur qui a toujours laissé des portes ouvertes dans ses oeuvres pour respecter la liberté d'interprétation de ceux qui les regardent. C'est aussi un artiste qui a suivi son étoile. Bien sûr, aller au bout de ses rêves, cela a un prix. Pour le juste qui comprend le caractère dérisoire de toutes choses, il ne représente pas grand-chose. Si vous trouvez que Pierre Etaix vit dans un petit appartement, c'est que vous ne voyez pas qu'il s'agit de la réplique d'une roulotte de cirque. C'est que vous ne voyez pas les vraies richesses de ce palais, magnifiquement orné par les oeuvres et les souvenirs de l'artiste.


Fin de l'article avec la parole à la partie adverse:

Vers une médiation?

Me Francine Wagner, l'ex-avocate de Pierre Etaix, n'est évidemment pas d'accord avec l'artiste. Voici ce qu'elle nous a déclaré. « Il est tout à fait faux de prétendre que rien n'était prévu pour procéder à la restauration et à la diffusion des films. Gavroche Productions, qui n'a rien d'une "société fantôme" comme le prétendent Etaix et Carrière, a vraiment cherché à faire avancer les choses. Mais ce n'était pas si simple. Il y avait des obstacles juridiques, des négociations à mener pour arriver aux buts que nous partagions tous. Pour des raisons qui restent en partie mystérieuses, Pierre a tout remis en cause en octobre 2007, soit deux mois à peine avant la date que nous avions prévue pour les débuts de travaux de restauration des films. Et je précise que lui, comme Carrière, avaient connaissance de ce calendrier.

« En manquant de patience, les auteurs se sont eux-mêmes mis des bâtons dans les roues. Désormais, c'est une affaire juridiquement complexe, mais il y aurait moyen d'en sortir rapidement en revenant au dialogue. Gavroche Productions est demandeuse d'une médiation avec Pierre Etaix, Jean-Claude Carrière et la Fondation Gan qui est une autre partie à la cause. Dans un délai très court, peut-être en moins de trois mois, je suis certaine qu'une solution équilibrée pourrait être trouvée. Si les auteurs ne veulent plus de Gavroche, cette société acceptera de résilier le contrat pour autant que cela se fasse dans des conditions équitables.

« Il y a eu beaucoup d'accusations gratuites et infondées dans le cadre de cette affaire et cela a certainement créé un préjudice pour tout le monde ... Car ce climat délétère est néfaste aussi pour la ressortie des films de Pierre Etaix. Son oeuvre devrait être évoquée dans la presse en raison de sa grande qualité, pas dans ce cadre conflictuel. Certaines accusations sont vraiment basses, comme celle qui voudrait que l'on ait ajouté une clause après signature dans le contrat.
Il y a eu bien d'autres énormités dites par Pierre dans ses déclarations à la presse en France. Je suis d'avis de le laisser faire, de ne pas demander réparation. Parce que je respecte la liberté d'expression de Pierre et que je garde une fidélité pour la partie positive de son personnage. Il a été un ami et je conserve toute mon admiration pour le travail qu'il a réalisé. » Me Wagner ne conteste pas avoir eu des parts dans la société de son frère mais, selon elle, « cela n'a jamais été
caché à MM. Etaix et Carrière ».

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Voici les dernières nouvelles juridiques :

Le 28 novembre 2008, Pierre Étaix et Jean-Claude Carrière sont déboutés de toutes leurs demandes, la juge rejetant « les demandes tant principale que subsidiaire de mesure provisoire formée par Monsieur Jean-Claude Carrière et Monsieur Pierre Étaix » et renvoie l’affaire à l'audience du 12 décembre, durant laquelle pourrait être jointe une autre affaire… celle opposant GAVROCHE PRODUCTIONS à la fondation GROUPAMA GAN pour le cinéma.

Cette jonction d’affaires, souhaité par GAVROCHE PRODUCTIONS, aurait évidemment pour conséquence de complexifier considérablement la procédure en cours.

Le 12 décembre 2008, la justice prononce la jonction d’affaires. (L’affaire opposant Pierre Étaix et Jean-Claude Carrière à Gavroche Productions et celle opposant Gavroche Productions à la fondation Groupama Gan pour le cinéma ne formant plus qu’un seul et même « épais » dossier) et fixe le calendrier des prochaines audiences.

L’ultime audience de plaidoirie est fixée au vendredi 15 mai 2009.

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Pierre Etaix expose ses dessins au Musée en Herbe du 17 décembre au 31 mars 2009. Musée en Herbe 21 rue Hérold 75001 Paris (entrée libre)

En mars, il publie un ouvrage Textes et textes – Étaix aux éditions du Cherche Midi. Que vous dire à propos de cet ouvrage ? Qu’il est un clin d’œil aux proverbes de Chaval, lequel était un grand ami d’Etaix.

Enfin, une grande fête en l’honneur de Pierre Etaix sera donnée au printemps au Théâtre du Rond-Point à Paris. Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, préparez vos toilettes !

18.12.08

Créatures


William est un monstre de foire. Chaque soir, poussé par une force mystérieuse, il fait sortir de lui une horde d'effroyables démons. Ce sont ses plus obscures angoisses, peurs et fantasmes qui se matérialisent et envahissent la scène. Il y a là le Diable, la Mort, une sorcière, une femme araignée, un vampire, un loup-garou et même un...
arrghh...

Nicole, Mado et moi avions été bouleversés par Les Hors-la-Loi, spectacle écrit par Alexandre Bonstein (Molière 2007 du meilleur spectacle musical et du meilleur auteur pour Le Cabaret des Hommes Perdus) et mis en scène par Agnès Boury (pour lire notre émotion, cliquez ici). En cette fin d'année, ce sont d'autres créatures qu'avec Lee Maddeford, ils invoquent sur scène. Je vous convie chaudement à découvrir le spectacle aux quatre nominations aux Molières 2004/2005,
Créatures les 26, 27, 30, 31 décembre et 2, 3 janvier.

Ps : Pour ceux et celles qui ne disposent pas d'une fortune colossale, je vais voir ce que je peux faire... oh_le_beau_jour@hotmail.com

3.12.08

la larme l'emporte


Au Jour de Fête, hier soir, nous avons slammé. Pétunia a apprivoisé Jikabo (ou bien est-ce l'inverse?). Ce kilo neuf cents grammes de tendresse s'est endormie dans les bras du slammeur au feutre noir.
Puis j'ai dit le texte que voici:
«
Larme
ce texte est composé d'un millimètre cube d'eau et de quelques sels minéraux.

La larme perle gauchement
au coin de l'oeil droit. Elle y scintille un instant, en équilibre, puis, brusquement coule, soudain ternie. Elle glisse, humecte les marbrures du cerne, mauves pastel, y laisse une dentelle brillante, comme une limace sur une aubergine livide. Parvenue en haut de la pommette, la larme hésite, stationne en suspens, puis résolue, se lâche et poursuit sa descente. Elle se perd dans la poussière terreuse qui macule la pommette et semble la boire. Mais obstinée, la larme l'emporte, elle y creuse un petit sillon clair, tendre et délicat comme une jeune pousse, elle se charge de cette poussière qui la colore et la leste - ses alluvions. Au bas de la pommette, la larme rencontre une ride, sur laquelle la vie n'a pas été de main morte, et qui la fait obliquer. Docile, la larme suit sa diagonale, jusqu'à mouiller la commissure des lèvres. Un coup de langue rapide, un sourire, la feraient disparaître. Il n'en est rien. Elle file déjà vers le menton, abruptement s'en détache et tombe s'évaporer sur l'asphalte brûlant.

Un homme a pleuré. »

Texte de Jikabo.

1.12.08

crache ton venin, ton amour ou ton rire


Jérôme Cabot s'est dénoncé (lire ici) sur un cliché d'Ariane Ruebrecht.

Je relaie ici les infos que m'a envoyées Jérôme (JC) à propos des scènes slam alentour.

Scènes slam de la semaine :
- au Bar le Jour de fête mardi 2 décembre à 21 h (61 boulevard Soult, à Albi) animée par votre serviteur (JC)
- au bar des Sports, à Rabastens, vendredi 5 décembre à 19 h (votre serviteur (JC) n'y sera peut-être pas)
- au bar associatif L'Ibère familier, à Graulhet, samedi 6 décembre à 20 h, animée par votre serviteur, en première partie de No Bleu

A un des ces trois ?


mardi 02 decembre :
soirée SLAM !
Scène ouverte animée par Jikabo (JC)

Le slam, qu'es aquò ?

Une scène slam, c'est une scène ouverte, vrac poétique, brocante du texte autoproduit. Une auberge espagnole de la tchatche. Son but, c'est la diffusion vivante de textes originaux, voire improvisés, à une seule voix, sans instrument, sans accompagnement, sans décorum : seulement un texte et une voix (aidée d'un micro). C'est un dépouillement, une simplicité qui permet une participation spontanée, brute, amateur.

Car tout le monde est orateur, oratrice. Chacun chacune est invité à venir dire, déclamer,
chuchoter, fredonner, incarner, improviser un texte original, historiette, coup de gueule, fable,
fragment de vie, poème. Tous les mots sont permis (il est juste préférable que les textes ne soient pas trop longs). Le public est réceptif, complice. de toutes façons, il sait que la fois d'après, c'est lui - c'est toi qui causes : la scène n'est pas étanche, pas réservée, elle t'attend, elle te tend les bras (c'est une image).

Alors viens slamer, viens nombreux, et crache ton venin, ton amour ou ton rire. Crache tes maux. Crache tes mots. Que les langues se délient. Que des voix sortent de l'ombre. Que les oreilles frétillent. C'est la mise en pratique de la phrase de Lautréamont: « La poésie doit être faite par tous. Non par un. » Une poésie pour laquelle où l'on parle, quand on parle, à qui l'on parle, ne sont pas choses anodines.
Une poésie - dans le sens le plus noble du terme - « de circonstance ». Ni un art élitiste. Ni un art d'artistes. Au contraire. Un art extrême, exigeant et démocratique, simple, brut et viscéral.

...1 TEXTE DECLAME = 1 VERRE OFFERT !!!... VENEZ NOMBREUX AVEC VOS TEXTES ET VOTRE GOUAILLE!!!...

27.11.08

rendez-vous


photo d'Ariane Ruebrecht / créa de Milypops

Le Café littéraire d'Albi au Pré en Bulle est heureux de vous accueillir à la Ste Alice, le 16 décembre 2008, à partir de 20heures au Pré en Bulle, 9 lices Jean Moulin, 81000 Albi (tél. 05 63 36 90 17). Pour accéder au blog du Café littéraire d'Albi, cliquez ici ou sur la photo.
Nous profiterons de cette première pour lancer l'expo-photos d'Ariane Ruebrecht.

nota bene : le Café littéraire aura lieu tous les 3èmes mardis du mois.

19.11.08

« Je crois que vous devriez tomber amoureuse. »


Ilan Duran Cohen signe un de ses romans après la projection de son nouveau film, Le Plaisir de Chanter, présenté à Albi le 12/11 (salle Arcé ~ Scène nationale d'Albi)
photo d'Ariane Ruebrecht
©

Très agréable soirée que celle passée en compagnie des personnages du film Le Plaisir de Chanter écrit et réalisé par Ilan Duran Cohen. Pour l'ouverture du
12ème festival les Oeillades d'Albi, Nous étions une centaine de spectateurs privilégiés à découvrir en avant-première une œuvre originale, « je n'avais pas envie de faire un film d'avion » nous explique Ilan Duran Cohen, répondant aux questions de quelques spectateurs curieux et séduits. Le réalisateur de La Confusion des Genres sorti en décembre 2000 aime transcender les genres, justement. Pour ce nouveau long-métrage en salles le 26 novembre, il a écrit une histoire où se croisent Marina Foïs (troublante), Lorant Deutsch (touchant, minimaliste), Jeanne Balibar (sublime, fragile, drôle et poignante), Nathalie Richard (irrésistiblement venimeuse), Julien Baumgartner (qui hérite du rôle le plus difficile (et s'en sort avec panache) : peut-être la clé de voûte du film)...

Le synopsis :
Agents des services secrets, Muriel et Philippe forment un improbable duo amoureux. Dans leur nouvelle mission, ils sont chargés de mettre la main sur une clé usb cachée par Constance, la veuve d'un trafiquant d'uranium fraîchement assassiné. Cet étrange ingénue conduira le duo dans un court de chant lyrique devenu un véritable nid d'espions. Dans cette comédie d'espionnage, les cordes vocales se libèrent, les corps se débrident et les âmes se poursuivent...

Les dialogues co-écrits avec Philippe Lasry sont ciselés, drôles, toujours justes. On est toujours sur le fil, entre drame, thriller, comédie, film musical. Un travail d'équilibriste pour les acteurs qu'Ilan Duran Cohen manipule volontiers : « je les déstabilise aussi en utilisant deux caméras qui tournent en permanence, parfois sans clap. La deuxième caméra, tenue par Christophe Graillot mon chef-opérateur, est assez libre, elle va chercher des choses que je n'avais pas forcément demandées. Christophe connaît les plans qui vont me surprendre. Avec deux caméras, les comédiens ne savent jamais de quel côté on les regarde et cette incertitude les dérange énormément ou les excite. »
Il en résulte beaucoup de spontanéité, de fraîcheur. Et quand l'émotion surgit, elle vous cueille.

Jeanne Balibar et Julien Baumgartner
photo de Carole Bethuel ©
Deux perles, pour le plaisir :
Muriel, désinvolte en diable, calcule mentalement : « Vingt fois soixante égale mille deux cents. En mille deux cents fois, on ne m'a jamais léché les pieds. »
Le gynécologue à Muriel :
« Je crois que vous devriez tomber amoureuse. »

Comme il n'est financé par aucune télévision (donnant au réalisateur une entière liberté), le film bénéficie d'une petite diffusion. Une cinquantaine de copies, m'a confié le distributeur.
Laissez-vous donc surprendre par Le Plaisir de Chanter.

Sortie en salles le 26 novembre.

15.11.08

l'écotartufe du mois



illustration de Pierre Druilhe ©
(publiée ici avec son aimable autorisation; cliquez sur l'image pour l'agrandir)

Pierre Druilhe, auteur notamment de Welcome to America, a illustré l'article « Au bout de la croissance, la guerre » signé par Paul Ariès dans le n°54 de La Décroissance « le journal de la joie de vivre » publié par Casseurs de pub. Via le courrier des lecteurs, le journal se fend d'une petite auto-critique. Evelyne G. de Poitiers écrit : « Femme déçue... j'aurais bien aimé faire une pause pour réfléchir... Beaucoup d'articles me plaisent mais je ne supporte pas le lynchage de certaines personnes qui font ce qu'elles peuvent pour la planète et je pense que vous pourriez faire avec succès un article sur vous-mêmes dans l'éco-tartuffe. » Son mari enchaîne : « ...homme déçu. Je confirme ce que dit ma femme, je ne supporte pas votre rubrique sur les écotartufes (1), dont certains, ne vous déplaise, font plus que vous pour l'écologie. »
Jacques D. qui habite la jolie ville de Mouscron en Belgique renchérit :
« Il est temps de changer de style. Que resterait-il si on enlevait les critiques dans Casseurs de Pub ? Plus que jamais, nous avons besoin de solutions, d'alternatives positives concrètes, d'analyses sereines, d'humour et de fantaisie (pourquoi pas?) Si ça continue, La Décroissance deviendra le journal des grincheux et des acariâtres. »
Mais revenons à l'article qui évoque l'inextricable interaction entre la croissance et la (les) guerre(s). Paul Ariès écrit :
« Rien d'étonnant que dans le gouvernement Sarkozy, la rhétorique guerrière ne soit jamais loin. Les guerres ont toujours été un merveilleux facteur de croissance. Elles permettent aux industriels de l'armement d'accroître leur production tout en ne remettant pas en cause notre modèle de société.
L'un des pères de l'écologie politique, René Dumont (2), aimait dire que les
« trois piliers de la sagesse » étaient « un tiers-monde libéré », un « environnement protégé » et « la paix désarmée » (René Dumont, Mes Combats, 1989). Vingt ans plus tard, nous héritons d'une Terre saccagée, d'un Tiers-Monde dominé et d'une insécurité "très armée", y compris au nom des "guerres préventives" (...) »
La suite à lire dans La Décroissance de novembre. A propos d'écotartufe, la rédaction a décerné son prix de novembre à Alain Finkielkraut. Vincent Cheynet s'interroge :
« Comment aborder Alain Finkielkraut, animateur de l'émission hebdomadaire Répliques sur France Culture, et figure du monde intellectuel national ? Le mieux est de le faire grâce à Internet, que le philosophe médiatique abhorre et qualifie de « citerne de haine... ». Car en fait, toutes les outrances que reproche Alain Finkielkraut au web (souvent à juste titre), le philosophe les pratique à la radio ou lors de ses (nombreuses) interventions dans les médias. Les étudiants sont « séniles », la chanson Lili de Pierre Perret développe « la haine des juifs ». On ne compte plus les dérapages haineux, voire racistes, d'Alain Finkielkraut. Cela dans la plus parfaite impunité. L'outrance, l'excitation, la calomnie, le terrorisme intellectuel, le chantage à l'antisémitisme... toutes ces pratiques, Alain Finkielkraut n'a pas attendu l'apparition d'Internet pour en être coutumier. (...) Alain Finkielkraut comme Philippe Val en veulent à Internet pour la même raison : il leur a enlevé le monopole de l'outrance et de la calomnie. (...) »
J'ai commencé par Pierre Druilhe, il me semble donc logique de conclure avec lui. Mais en vous donnant l'eau à la bouche : Pierre Druilhe au dessin, et Domi à l'écriture, ont commis un réjouissant comic strip sur le kidnapping de Michel Ed Lepaclerc par de jeunes buveurs de bières mus par l'envie de sauver la planète. Drolatique.



(1) Une petite piqûre de rappel du Petit Robert ne fait jamais de mal :
tartufe ou tartuffe [tartyf] n. m. et adj.
• 1665; de Tartufo, personnage de la comédie italienne, it. tartufo « truffe », repris par Molière en 1664
• (Vieilli) Faux dévot. > bigot, cagot.
• Mod. Personne hypocrite. > hypocrite. « il s'y entend pour prendre des airs de tartufe, quand il veut » (R. Guérin). — Adj. Il, elle est un peu tartufe.

(2) René Dumont : agronome du développement français, fut choisi en 1974 pour se présenter à l'élection présidentielle consécutive à la mort du Président Pompidou, en tant que premier candidat écologiste. Sur planetecologie.org, vous pourrez lire l'hommage qui lui a été rendu lors de son décès en 2001.

11.11.08

j'm'a trompé


J'ai décidé de supprimer le billet "on est tous le geek de quelqu'un d'autre" pour une raison toute simple: la défense des droits d'auteurs en ces temps où le tout gratuit sape la propriété intellectuelle. Je n'avais pas mesuré l'illégalité du service que proposait le site dont je faisais la publicité, site condamné par le Tribunal de Grande Instance de Paris. Lire sur le Forum des droits sur l'internet, l'ordonnance du référé du 6/11/2008 du Tribunal de Grande Instance de Paris, des extraits de la décision sur l'affaire qui oppose la société x et les chaînes du groupe France Télévisions (cliquez ici). Il apparaît que "les services proposés par la société x sont illicites et constituent des contrefaçons des droits d'auteurs et des droits voisins des demanderesses".

Pour être raccord avec les commentaires, je vous propose une version expurgée de mon billet où je racontais mes âneries, mais sans ladite société anonyme pour laquelle je m'enflammais. Moralité : je me renseignerai sur la chose avant d'en faire l'apologie.

...

Mille documentaires télévisés comblent mes lacunes abyssales. J'ai bien une encyclopédie, mais je n'ai hélas pas la patience de déchiffrer les millions de signes informatiques (espaces compris) que propose Universalis chaque fois que me vient une question d'Histoire, chaque fois que je mélange Pierre avec Paul, Manet avec Degas ou Renoir, quand je confonds Charlemagne et Sheila, quand je me demande à quoi correspond la date 1515... Oui, bon... Marignane! Et après? Que s'est-il passé à Marignane à part l'élection du FN en 1995 (en la personne de Daniel Simonpieri ...puis l'UMP l'a blanchi) ou la naissance de Karine de Ménonville le 5 octobre 1972? Hein? Quoi? C'est Marignan pas Marignane? Merde alors, j'ai l'air con, moi!

Sans transition, je fête la semaine prochaine mon 20 000ème visiteur! Champagne! [merci infiniment pour votre fidélité]

4.11.08

Le Clézio ou Tartempion ?


Paru chez Gallimard Jeunesse (Folio Junior) / illustration de Georges Lemoine

Tout le monde sait qui est JMG Le Clézio, qu'il vient d'obtenir le prix Nobel de Littérature. Plutôt que de vous parler des lectures qui m'ont marqué, je vais évoquer deux anecdotes sur l'homme. D'aucuns me diront : on s'en fiche de l'homme, ce qui compte c'est l'auteur. Certes.
Voici quelques années de cela, j'assistais à la première d'une pièce adaptée de Pawana, de Le Clézio. A l'issue de la représentation, les spectateurs privilégiés traînaillaient dans le dédale de l'Espace Cardin, trinquant avec Machin, papotant avec Bidule en gardant un oeil avide sur Truc, la vedette de télévision, ou sursautant quand les flashes crépitaient pour Chose, l'égérie de Tartempion.
Le coeur et l'esprit plus chamboulés par les mots de Le Clézio que par le champagne servi à flots, je me fraie un chemin pour saluer ce grand monsieur (par la taille et le talent). Simplement lui serrer la main. Lui broyer la dextre, comme dit parfois Obaldia.
Dans les salons de l'Espace Cardin, c'est à qui pourra s'incruster au dîner royal, s'asseoir à la table de Pierre Cardin ou de Tartempion. Pour m'amuser, j'irai d'ailleurs faire tinter ma flûte avec celle de Truc.
A la surprise générale, JMG Le Clézio accepte un verre de jus de fruits et décline l'invitation à dîner. Il part sur la pointe des pieds. Les mondanités, ça n'est pas pour lui.

Deuxième anecdote :
Un jour, mon amie Hélène me raconte... c'était chez Mollat, la librairie bordelaise. JMG Le Clézio y signait un de ses ouvrages. Il y avait foule. A l'issue de la rencontre, beaucoup de lecteurs et de journalistes souhaitent approcher l'écrivain. Mais il est occupé à bavarder avec une enfant. Autour de Le Clézio et de cette enfant, plus rien n'existe. Ils sont en grande conversation. Perplexe, un journaliste les prend en photo. Hélène roule des yeux comme des soucoupes. Cette enfant, c'est sa fille Anna. La suite de l'histoire : une correspondance au long cours entre l'enfant devenue jeune femme et l'auteur nobélisé. Anna couve secrètement son courrier et ne s'en est jamais ouverte à personne. Seule sa mère, fière comme une papesse, narre l'anecdote à un ami de-ci, de-là.

p.s. Merci à Petitbonbon qui m'a donné envie d'écrire ce billet. Au 1er novembre de son blog, elle raconte sa rencontre avec Le Clézio, une rencontre qui a, dit-elle, bouleversé sa vie. Suis également très touché par les mots de Saint-Loup que je connais par un beau hasard grâce à Le Clezio, Frida & Diego.