19.3.07

hundreds of wonders


Brève à l'attention de mes amis anglophones
Every now and then...

For the people I've been chatting with for ages, my friends from abroad, far and away, I'll try to let you hear from me, your parisian friend, Laurent.
I've been living in the city of lights for almost 9 years now, still up and about.
Last week, I was chatting with James, telling him that I was going to see a play and eventually walk around Paris. WALKING AROUND PARIS sounded very exciting for someone not living in the city where myths mingle with reality, literature with the day-to-day life of thousands of homeless people, clichés of Montmartre, silly souvenirs with the riots in the suburbs. And to be honest, I feel priviledged to live here, although it is becoming harder and harder to afford living in Paris and enjoying living in Paris. What's the point of living in this marvellous city if you can't enjoy some of its wonders? Of course, there are hundreds of wonders that are free to admire if you just look up. Free concerts, free shows, free walks.
Today's post will be short: i just wanted to let you know that there'll be a regular post (is every other week regular enough?) for non-french speaking readers and/or friends.
You'll just have to click on the "non french speaking link" and you'll have my english messages.
This doesnt prevent you from learning french :o) and ask me questions, write comments, etc.
Jeff, you see, i'm wearing the t-shirt you sent me from Chicago! (Jeff's a big fan of the Cubs, and not only because of their sexy players) Thanks for the T-shirt, i love it.
What's up now?
-I'm still translating american romance novels and LOVING it, ...not.
-The actor and director is resting, sleeping, yawning and longing for exciting projects to come by AND money to produce his dreams.
-I'm eager to make friends with open-minded and self-humorous people, "nice" people who are driven by a passion.
-The last few words to tell my man from Melbourne that I can't wait to hold him tight and visit his country: Laurent, I ADORE YOU.
(Before you get confused, let me tell you my boyfriend and I bear the same name.)
Take care,
Love and Light xxx

APRIL 13th update:
why i insisted on posting an english post is because lots of people on myspace are non-french speaking people (friends from far and away). It's only recently that i discovered the joys of myspace and requests and adding friends who were not really friends seemed a little wierd to me, but i accepted the principle, because I made real friends out of virtual contacts, i met people in the flesh... over the years of surfing in cyberspace.

A few days ago, a lovely surprise enlightened my gloomy mood, a request from my londoner friend, Tim... and I joyfully added him + had a look at his friends and found Abigail, and... and... and... more people I had met and lost track of...

Real life is calling me now! I'm going to give a ride to a friend who's been in hospital for the whole week. And we'll enjoy the wonders of Paris: having lunch on a sunny "terrasse" and sipping coffee, watching passers-by.

14.3.07

www.radioalbiges.com


Claudio, a.k.a Le Vagabond dans son château des Carpathes

A mes amis Tarnais, mes lecteurs parisiens, de france et d'ailleurs: une petite info sur www.radioalbiges.com, radio libre, citoyenne, laïque, qui fleure bon l'accent du sud.
Ce soir à 19h, le Vagabond anime une chronique logiquement intitulée "le vagabond virtuel" où il cause de trucs (plutôt polémiques) trouvés sur le web. En l'occurrence, il va causer de mon blog (diantre!) et du coup de colère que j'ai poussé il y a quelques semaines sur le don de sang. Il se pourrait même que j'intervienne en direct (1 minute de décalage entre la version web et la version fm). Rediffusion ce dimanche à 23h. Si le Vagabond n'oublie pas de se réveiller, l'émission de ce soir est confirmée. Attention: seule l'écoute pour les connexions "haut débit" est disponible pour le moment.

Qui est le Vagabond? Pour le découvrir, cliquer sur www.1000jours1001nuits.net
auteur, conteur, voyageur au long cours qui aime (en vrac) Lovecraft, le camembert, le Whisky écossais et jouer aux échecs.
Quelques prix littéraires ornent son "CV" dont le Premier Prix du concours de nouvelles Fantastiques (2001) organisé par ARTE, les Editions Fleuve Noir, la revue Ténèbres, et la librairie Anecdotes. Prix décerné à l'unanimité du jury à la nouvelle "De Larmes et de Griffes"... que vous pourrez lire ici.

11.3.07

les boutons d'Alice



Petits échanges entre Alice, 3 ans et Sophie, sa maman:

Alice - J'ai des A dans mon ventre?
(Sa mère lui expliquait que son prénom commençait par un A)

Alice a la varicelle et ne pourra donc pas figurer sur sa première photo de classe.
Sophie - Tes boutons, ils vont partir.
Alice - Ils vont partir où?
Sophie - Euh... Ils vont disparaître.
Alice - Dans les bois?

Julien, le papa, dit à sa fille qu'ils rangeront les couverts plus tard.
Sophie demande à Alice de ranger.
Alice - Papa veut pas que je le fasse.
Sophie et Julien écarquillent les yeux. Leur fille de trois ans utilise le subjonctif présent à la première personne.

10.3.07

@ bluebookparis


Y aura-t-il assez de place à la librairie Bluebook, 61 rue Quicampoix dans le 4ème arrondissement de Paris, pour la rencontre-lecture autour du roman LE SYNDROME DE LAZARE? Mystère et boule gomme. Certains d'entre vous sauront déjà de quoi i cause le blogueur, car i s'est déjà répandu en éloges (mérités) sur le roman de Jamil Rahmani et Michel Canesi. Si vous lisez puis regardez le film LES TEMOINS d'André Téchiné, les ressemblances ne vous auront pas échappées.

Si le film vous a plu et que vous souhaitez en connaître la genèse, rendez-vous ce mardi 13/03 à 19h30. Deux lectrices de prestige vont officier : Corinne Jaber (Molière 2001 de la meilleure comédienne dans UNE BETE SUR LA LUNE, pièce dans laquelle son talent fit prodige) et d'Anne Jolivet (comédienne et auteure de la pièce JE VIENS D'UN PAYS DE NEIGE (nomination aux Molière 2005).

4.3.07

draps et berceuses


Exploit du jour : je m’accorde un jour de repos – sans culpabiliser. Je ne mets pas mon réveil. Je fais la grasse matinée. Je bois mes dix cafés matinaux au lit avec mes magazines. L’ordinateur tourne tout seul : il télécharge gratuitement et légalement (oui, c’est possible) des chansons pour endormir les enfants. Des berceuses. Etant resté un grand enfant, je m’endors parfois sur les ballades d’Ella Fitzgerald, de Sade, de Joni Mitchell. Alors, quand je lis un article sur le sujet (Télérama 2981, article de Thomas Bécard), trente-cinq préludes à la nuit pour les enfants, je me précipite sur le site de Jérôme Fréling. Mes oreilles lui disent « merci ». Il a demandé à dix-sept artistes américains ou français (Au Revoir Simone, Faris Nourallah…) d’écrire chacun une berceuse pour sa fille Galla. Jérôme – par ailleurs parisien et fonctionnaire au ministère des finances – a testé avec succès toutes ces chansons auprès de sa petite fille. Et là, surprise, je découvre des artistes (certains un peu connus, d’autres pas du tout) et je fonds sous la tendresse des compositions. Vous pourrez écouter et télécharger les morceaux qui vous plaisent, ou plaisent à vos enfants, et même télécharger les couvertures des compilations, dessins d’élèves de CE1 CE2 d'une école de Condat-sur-Vézère (village de mon Périgord chéri). Il faut être patient et bénéficier du haut-débit mais la qualité vaut d'être patient.

Il est 13:52, je n’ai toujours pas déjeuné. Je sirote mon apéro tout seul, à la santé des gens qui me sont chers (Laurent, mon homme qui va bientôt plonger dans les bras de Morphée, à 17000km de chez moi, Nini ma grande sœur, Mado ma deuxième mère, Sophie ma frangine, Alice et Lucie, mes nièces qui testeront bientôt ces berceuses, leur papa Julien, Claudette et Michel mes parents adorés, mes amis…) Je vais changer les draps (ça c’est de l’information, vous ne trouvez pas ? comparé aux conflits qui déchirent l’Afrique, entre autres… quelques Français sont pris en otage, la France s’émeut, les Africains s’entretuent ou crèvent de faim, on s’en tamponne le coquillard avec avec un tibia de langouste… Comme le dit avec poésie Marc Jolivet dans son dernier spectacle (je retranscris de mémoire) : « l’ours blanc disparaît, l’homme s’en fout, le papillon disparaît, l’homme s’en fout, l’homme disparaît, l’homme s’en fout ») donc, je change mes draps. Changer une housse de couette, c’est du sport, ma méthode est peu orthodoxe : je rentre dans la housse, y fourre la couette, pince les coins, les place dans les coins de la housse (coins que j’ai découpés aux ciseaux, c’est plus pratique)… je sens déjà le lecteur qui s’est envolé vers d’autres blogs plus sensationnels ou informatifs, et il aura (peut-être) eu raison. Imaginez soixante-huit kilos de nerfs, dotés de bras, de jambes et d'un cerveau qui gesticulent à l’intérieur d’une housse de couette à carreaux : c’est moi. Tout cela pour Karel, mon amie hôtesse de l’air qui n’a pas fait partie du vol Paris-Johannesburg du 13 février 2007. Elle n’a pas été mordue par l’animateur de France 2. Ouf. Mon amie de douze ans vient dans ma « niche », mon studio, et elle aura droit à des draps propres.

Frédéric m'appelle. Il joue dans « l’Eventail de Lady Windermere » d’Oscar Wilde aux Bouffes Parisiens, avec l'excellente Geneviève Casile. Il me propose 3 ou 4 places pour mercredi 7. Je ne pourrai hélas pas y aller. Trois ou quatre d’entre vous désirent-ils y aller ? Pour cela, rien de plus facile, envoyez-moi un mail (aller dans « afficher profil complet » et vous trouverez, ô joie, mon e-mail), un coup de fil pour ceux qui ont mon téléphone et vous profiterez d’une des plus belles pièces de l’ami Wilde. Vous serez bien placés, promis. Ca vaut d'investir dans un chèque emploi-service pour la baby-sitter, ou de la monnaie sonnante et trébuchante si vous l'employez au black (encore heureux qu'on puisse faire garder ses enfants par la cousine sans remplir un contrat ou des feuillets assedic, non mais...)

C’est tout pour aujourd’hui. Vous avez tout lu? Bravo! Vous lisez régulièrement mes billets? Les bras m’en tombent… attendez… je les ramasse.

Et à part cela, vous ? Comment allez-vous ?

2.3.07

ces tulipes pour vous


Ces tulipes pour vous

1.3.07

les meilleurs antidépresseurs que je connaisse


Les meilleurs antidépresseurs que je connaisse : un bon spectacle, un bon film, un dîner entre amis,
une balade dans les bois, un massage de la voûte plantaire, un bain bouillant...
Mardi : Célestine et Laurent (votre serviteur) découvrons des nouvelles écrites
par Geneviève Rozental, à l’Aire Falguière, où nous jouions l’année dernière.
- Petite cachottière, dit mon amie à l’auteure. Je ne savais pas que vous écriviez.
On attend les retardataires. S’entame une discussion entre spectateurs, Geneviève et Arlette Thomas.
- Ah, n’oubliez pas d’éteindre vos portables, rappelle celle-ci.
Puis elle enchaîne sur une anecdote à propos de son fiston – Marc Jolivet – qui interrompt un jour son spectacle lorsqu’une sonnerie de téléphone retentit. Le spectateur honteux s’excuse.
- Non, non, si on vous appelle, c’est que ce doit être urgent. Répondez… répondez.
Le spectateur est pétrifié, la salle hilare.
- Vous êtes médecin peut-être. Ça doit être une urgence. Je vous en prie, répondez.

- Au fait, nous chuchote Arlette, il faut aller voir Marc Jolivet demain soir, y a TF1.
- Oh, oui !
- Appelez de ma part et dites-leur que je vous ai ordonné de vous y rendre.

Arlette Thomas a vaincu sa laryngite et lu avec brio ces textes formidables. Etonnants, drôles et parfois même émouvants. A éditer donc !

Merci Arlette pour l'invitation. Votre fiston est un sacré bonhomme, un clown éblouissant.
En guise de remerciement, je relaie ici l'info à propos de la soirée à laquelle je convie les
lecteurs de ce blog (s'ils sont parisiens ou banlieusards):

Arlette Thomas dira des poèmes humoristiques choisis par elle.
C'est mardi 27 mars, à l'Aire Falguière, 55 rue de la Procession, 75015 Paris.
C'est à 19h30, la participation aux frais très modique.

Chapeau bas, l’artiste ! Les artistes !

Courez voir Marc Jolivet dans « COMIC SYMPHONIC » au THEATRE COMEDIA, à Paris, jusqu’au 31 mars. Il partage l’affiche avec l’Orchestre Symphonique Lyonnais, dirigé par Philippe Fournier.

Voir tant de musiciens sur scène est réjouissant. Le mégaphoniste fait ce qu’il peut. Le spectateur naïf que je suis est en-chan-té de voir ces musiciens jouer leur rôle de plombiers polonais déguisés en intermittents et parfois péter un câble. Non sans interpréter avec talent leur partition musicale. Leur joie sur le plateau est communicative. On rit aux éclats.

Marc Jolivet est irrésistible !

Voici quelques mots extraits du programme :

« Il était une fois un petit garçon qui rêvait de devenir chef d’orchestre. Mais la vie décida qu’il deviendrait clown. Attention, pas n’importe quel clown, un clown très têtu qui n’oubliait pas ses rêves d’enfant. C’est pourquoi, à cinquante ans, il décida de tenter de réaliser son fantasme. Comme il n’avait pas les moyens de se payer un orchestre symphonique, il s’offrit cinq musiciens au Théâtre de Bobino dans son spectacle « l’Utopitre » qui racontait l’histoire d’un clown qui attend un orchestre symphonique.
Gonflé à bloc par un orgueil démesuré, il disait à son entourage : « Vous verrez, mon rêve va se réaliser ! »
Bien entendu, tout le monde se moquait de lui.
Mais un jour, à la 150ème représentation, au bar du théâtre, un homme se présenta. « Bonjour, je suis Philippe Fournier, j’ai vu votre spectacle ce soir et j’aimerais partager la scène avec vous et mon orchestre symphonique… »
Et l’entourage ne se moqua plus jamais du clown, dont la maxime était : « Plus tu rêves, moins tu crèves. »

Marc Jolivet

p.s. pour mes amis de province, une tournée viendra à vous, je l’espère !

28.2.07

les Wriggles



Vu, écouté et applaudi à Albi l’été dernier.
Ca change de la chanson française molle et narcissique.
Ils sont drôles, doués, épatants.
ls s'appellent Les Wriggles.
Chez nos amis bretons le 15 et le 16 mars.
A la Cigale à Paris, les 21, 22 et 23 mars.
Chez mes amis bordelais le 28 mars.
Les autres dates sur leur site : ici.
Ou encore là.

22.2.07

« Vous z'êtes un nange… »



« Vous z'êtes un nange… » m’écrit René de Obaldia sur une carte de l'Académie française (ci-dessus le verso).
Le poète joue avec la langue, la malaxe, la pétrit et la tripote.
Dernièrement, il a enfanté « Fantasmes de Demoiselles, femmes faites ou défaites cherchant l’âme sœur » chez Grasset.
Aujourd’hui, il m’invite dans son fief, les Deux Magots.
Conversation à bâtons rompus avec un immortel.
Obaldia me transmet une citation de Cioran qu’il aime partager :
« L’homme moderne bricole dans l’incurable. »
Clovis nous a servi à chacun un chocolat chaud.
Il nous tient la porte lorsqu’il est temps de se quitter.
Retour sur le plancher des vaches. Obaldia prend le bus 95 et j’enfourche mon vélo.
- Prenez soin de vous, lui dis-je.
Il me presse le bras d’un geste chaleureux et me répond, un brin de malice dans le regard :
- Salut.

18.2.07

le larbin des tournages



Anne, Emily et Charlotte Brontë, par leur frère Branwell (vers 1834)

Laurence croyait que je travaillais encore chez Auchan ! Horreur, malheur !

Mais mon blog mêlant tant de choses, personnelles ou plus générales, la confusion était inévitable.

La mode est à la liste. Je dresse pour vous celle de mes emplois. Voici dans le désordre les diverses casquettes que j’ai endossées (au propre comme au figuré) :

  1. metteur en scène
  2. comédien
  3. traducteur littéraire
  4. modèle (pub)
  5. repasseur, homme de ménage (il y a trois ans, je tirais le diable par la queue, je repassais les chemises de Patrick qui est devenu un copain)
  6. chauffeur de production
  7. stagiaire régie (le larbin des tournages ciné mais une expérience inoubliable) le film ? une adaptation de La Cousine Bette de Balzac (cf. ici)
  8. figurant
  9. télé-acteur (télémarketing, vous savez ? les gens qui vous appellent chez vous le soir et vous posent des questions idiotes… je vous jure que sur les contrats, l’intitulé, c’est « télé-acteur »)
  10. distributeur de tracts
  11. ouvrier agricole
  12. animateur en centre de loisirs
  13. directeur-adjoint de ce même centre, dans le parc de l’école maternelle de mon village. Ce même centre où j’ai commencé le théâtre.
  14. factotum
  15. professeur particulier
  16. réceptionniste de nuit dans un hôtel quatre étoiles
  17. bagagiste
  18. caissier chez Auchan
  19. hôte d’accueil (idem)
  20. hôte de service (idem… vous savez, les gars en rollers qui vont chercher les prix. A ce propos, une cliente me harponne un jour (j’ai la tenue hideuse : chemise à rayures, cravate moche, badge). Elle : Vous êtes du magasin ? Moi : Non, j’ai très mauvais goût pour m’habiller. Puis elle part, drapée dans sa dignité.)
  21. jeune homme au pair (10 mois dans le Yorkshire des sœurs Brontë) une drôle d’expérience, j'y ai appris à repasser. (des coups de fils anonymes d'une soupirante dans le village ; 3 enfants ; le ménage ; l'ennui ; une nuit aux urgences après un accident )
  22. équipier chez McDo, j’ai tenu un an. (ironie du sort : j’ai posé pour le triple-cheese dans une campagne de pub 4/3 huit ans plus tard).
  23. livreur
  24. maître d’internat et d’externat (pion)


17.2.07

J'en suis coi




Niouk, gentil cocker de Babby et Michel qui l’ont adopté il y a quelques années. Niouk, c’est de l’amour en barre.

Babby me parle de ses petits, de sa vie dans mon Périgord natal. Elle et Laurence (copine de maternelle) ont lu mon blog.

- Ah ?

- Je l’ai lu de bout en bout, m’annonce-t-elle.

J'en suis coi (mais ravi). Il « faut » prendre son temps, cliquer sur les liens quand j’en propose, découvrir l’œuvre de tel ou tel artiste. Un blog se lit par morceaux. Avec le café du matin, par exemple. Mais chacun lit comme il veut… après tout, on lit bien dans le métro, aux toilettes, dans son bain.

Il n’empêche que je suis à chaque fois surpris de l’impact de mon blog puisque je ne sais pas qui le lit, quand, comment… etc. (j’assume mon côté « ravi de la crèche », le naïf de service c’est moi !)

Je suggère à Babby d’organiser une rencontre avec les auteurs du roman « le Syndrome de Lazare » dans la médiathèque du village de mon enfance, Prigonrieux. Un dialogue avec les abonnés de la médiathèque, avec les clients de la librairie Montaigne de Bergerac à quelques encablures de Prigonrieux.

Michel et Jamil ont eu la chance de passer sur Europe 1, LCI, Paris-Match, Le Monde, Têtu, Nous Deux... Deux rencontres-signatures ont eu lieu dans des librairies parisiennes. Et la province dans tout ça?

p.s. Je signale aux curieux que le film de Téchiné « Les Témoins » est largement inspiré du roman de Jamil Rahmani et Michel Canesi « le Syndrome de Lazare ».
L' « inspiration » apparaîtra au générique, ce n'est que justice.

p.p.s. A ceux qui me demandent si j'ai un intéressement aux bénéfices des ventes du roman, je réponds, non. J'en parle pour deux raisons: ce sont mes amis et surtout le roman est un très bon roman.

8.2.07

j'ai fait pipi sur le FN


Certains voisins me dérangent: à quelques pâtés de maisons de chez moi, le siège du front national (pas envie de leur donner des majuscules!)
Une heure du matin, je
« tire un fil » sur les grilles du fn.
Les caméras ne tardent pas à relayer l'incident. Un vigile, une véritable armoire, apparaît, incrédule.
- Que faites-vous? grogne-t-il.
- Je fais pipi.
- La prochaine fois, allez en face.
- Pas possible, je vote à gauche.


6.2.07

don du sang (2)


Colère suite...
J'ai fait ma demande de carte de donneur de "don d'organes et de tissus humains"
Si vous avez lu le billet d'hier, vous comprendrez mon incrédulité:
Que l'EFS et la HALDE m'expliquent pourquoi on refuse mon sang et mes plaquettes alors qu'on accepte mes organes! Euh, jusqu'à preuve du contraire, mes organes sont irrigués par le même sang qu'on me refuse. CHERCHEZ L'ERREUR!
Comme nous dirait l'ami Jacques c'est abracabrantesque!

(vos commentaires sont utiles: je réfléchis au pourquoi du comment, à une solution. A plusieurs, on est plus intelligent. Des fois. Pas besoin de remplir la case e-mail... pour ceux qui hésitent à laisser un avis)


5.2.07

don du sang (1)


J'illustre ma colère avec une oeuvre de Marc Chagall représentant l'amour. Vous comprendrez en lisant la suite....

Comme me le disait mon amie, la colère me tient debout. On tient comme on peut.
Cela fait dix ans que l'on refuse mon sang, et mes plaquettes.
Pourquoi?
Parce que je suis homo.
ça n'est pas une plaisanterie mais la stricte vérité. Certains d'entre vous le savent déjà. Beaucoup ont baissé les bras contre cette triste réalité.
Je me renseigne auprès de l'EFS (Etablissement Français du Sang)
La Direction de la Communication me répond par un communiqué imparable dont je vous dispense les chiffres et les arguments.
Je reçois quasiment la même réponse de l'association Laurette Fugain. Hormis un semblant de compréhension, ils suggèrent aux exclus tel que moi d'inciter ceux qui peuvent donner à le faire.

je réponds à l'EFS:
Madame, merci pour votre réponse rapide qui, je dois l'avouer, me consterne.
Ca n'est pas parce qu'une population est exclue que je suis outré mais par l'hypocrisie édifiante qui sous-tend votre argumentation.
Vous dites, qu'il s'agit d'un don altruiste, mais
évidemment! Je ne suis pas en colère contre la discrimination caractérisée (passe encore...) mais contre le refus du don de sang et de plaquettes aux malades. Je suis d'un rhésus particulièrement convoité (considéré comme "donneur universel" O+) mais on refuse aux malades mon sang et mes plaquettes... ils n'ont qu'à crever en paix. Je préfère la provocation à la langue de bois.
Attention:
le principe de précaution peut être mortel.
Je ne mets pas en doute vos statistiques (quoique...), mais je soumets à votre sagacité une réflexion: les hétéros font rarement le test HIV, donc en toute logique n'apparaissent pas (ou peu) dans vos chiffres. Ma meilleure amie qui connait mes pratiques on ne peut plus saine est scandalisée, elle me dit: Je connais les hommes de ma génération (la cinquantaine), la capote ça n'est pas leur truc, alors ne parlons même pas du test HIV, ces gens ont peut-être contracté le virus et donnent leur sang sans que personne ne lève le petit doigt, ou le panneau magique "principe de précaution". Je ne caricature qu'à peine la situation, croyez-moi. Mais, malheureusement, vous me direz, je ne suis ni scientifique ni spécialiste.
A la lecture du mail que j'ai soumis à quelques amis,
tous, hétéros, homos, citoyens, ont été affligés.
Nous nageons dans le politiquement correct.
Le poliquement correct et vomitif.
Face à une institution étatique, je ne fais pas le poids, mais dans notre société médiatique, ce sujet brûlant peut faire réagir quelques personnalités citoyennes, solidaires et responsables, afin de changer une situation hypocrite et scandaleuse.
Oui, je veux donner pour les autres!
Au risque de vous surprendre, je sais lire, écrire, compter, je vote et je peux même procréer.
Le principe de précaution empêche-t-il d'aimer et de donner la vie?

Je souhaite que vous, lecteurs, donniez votre avis, fassiez votre petite enquête, contredisiez mon propos... Bref, discutons et brisons cette insupportable hypocrisie.

Pour conclure, donnez votre sang et vos plaquettes, la vie de milliers d'enfants et d'adultes en dépend! Cliquez sur les liens ci-après: l'EFS et l'association Laurette Fugain. Ils vous indiqueront où et comment donner.

26.1.07

de clic en clic


Keith me demandait ce matin, sur le perron, "comment trouve-t-on tel ou tel blog?", impatient de savoir ce que YOU, son chat avait à dire sur la toile mondiale.
C'est en surfant de site en site, c'est souvent par hasard, de clic en clic. Parfois, les expéditeurs de courriels signent avec le lien vers leur blog, mais je n'apprends rien aux plus sagaces d'entre vous.
Aujourd'hui, je vous recommande la lecture du billet de Pierre Assouline qui rapporte l'édifiant commentaire de Liber Follicula, billet du 22 janvier titré: " un équarisseur des belles lettres demande grâce". Il y est question du pilon, hélas méconnu du lecteur lambda. C'est passionnant... et terrifiant.


22.1.07

un amour sur pattes


Ne vous fiez pas aux apparences : YOU, le chat de mes amis D & K est un amour sur pattes. Il adore les caresses. Tiens... je disais l'autre soir à ma copine de CE1 (maternelle paraît-il mais je ne m'en rappelle pas) que nous étions nous aussi des animaux en quête de caresses, et puis nous avons parlé de notre maître de CM1, et puis de littérature, et puis...
Bref, cette photo pour faire parler YOU:
" écoutez donc Daniel Mermet sur France Inter, tous les jours de la semaine à 15h, une émission d'utilité publique! "
Oui, YOU reçoit France-Inter, dans ces p'tites noreilles, il capte la fréquence et tout et tout, mais dès que l'heure des croquettes approche, la fréquence se brouille.


20.1.07

le trèfle à cinq feuilles


Quand le gris s'installe sournoisement,
je prends au hasard mes deux volumes des Chroniques d'Alexandre Vialatte et plonge avec délectation dans les mots qui ont su et savent encore évoquer l'époque et son homme - avec malice, cocasserie, élégance et désespoir.
Aujourd'hui, j'ouvre un de mes précieux herbiers, le catalogue de l'exposition à la Maison Européenne de la Photographie de l'oeuvre de François-Marie Banier.
Un artiste à la mesure de son sujet, les gens connus et inconnus, dont il capte un secret, l'ombre ou la lumière, l'âme.
A la page Beckett : un trèfle à quatre feuilles.
Samuel à qui j'ai emprunté le titre de ce blog est assis sur ce banc et sur mon trèfle.
J'ai distribué à mes proches ces porte-bonheurs que j'ai cueillis
dans mon jardin secret, envahi par les orties,
où d'ailleurs aujourd'hui ne poussent plus qu'orties.
Seule Mado détient le mouton à cinq pattes, le trèfle à cinq feuilles.
Je referme François-Marie Banier et vous invite à (re)découvrir son oeuvre,
à lui que je rencontrerai peut-être un jour, je tendrai la main et lui dirai "merci",
aux amis, ma famille de coeur,
je distribue ces fétiches
pour que la vie leur soit clémente.
" La vie vous est-elle clémente? " m'avait demandé René de Obaldia, cousin germain de Beckett, Tardieu, Vialatte, Cami.
C'était un soir d'hiver, il était environ vingt heures, vous reveniez d'un vernissage au Louvre,
j'allais accueillir les clients noctures de l'hôtel Régina,
nous nous étions croisés par hasard, oui, par hasard, j'allais... moyen,
Votre phrase tendre m'avait redonné du baume au coeur.
Cher maître, avant ou après votre récréation au bout du Pont des Arts,
buvons un verre,
et cette fois, c'est moi qui vous invite.


A propos de son dernier ouvrage, François-Marie Banier écrit:
"Hommes et femmes solitaires,
vous formez mon vrai album de famille.

Vieux, étranges, rejetés, peut-être,
mais vous avez la flamme!
Je n'éprouve que tendresse pour vous
qui me donnez accès à la vérité.
Vérité de votre état, vérité de votre recherche, vérité du temps,
impitoyable, à qui je tords le poignet en rendant éternel, par la photo,
votre pied-de-nez aux conventions"

15.1.07

5 minutes de répit pour la planète


le ciel tarnais au mois d'août 2006

Le1er février 2007:

Participez à la plus grande mobilisation

des citoyens contre le Changement Climatique !

L’Alliance pour la Planète (groupement d’associations environnementales) lance un appel simple à tous les citoyens, 5 minutes de répit pour la planète : tout le monde éteint ses veilles et lumières le 1er février 2007 entre 19h55 et 20h00. Il ne s’agit pas d’économiser 5 minutes d’électricité uniquement ce jour-là, mais d’attirer l’attention des citoyens, des médias et des décideurs sur le gaspillage d’énergie et l’urgence de passer à l’action ! 5 minutes de répit pour la planète : ça ne prend pas longtemps, ça ne coûte rien, et ça montrera aux candidats aux élections législatives de juin 2007 que le changement climatique est un sujet qui doit peser dans le débat politique.

Pourquoi le 1er février ? Ce jour-là sortira, à Paris, le nouveau rapport du groupe d’experts climatiques des Nations Unies. Il ne faut pas laisser passer cette occasion de braquer les projecteurs sur l’urgence de la situation climatique mondiale.

Si nous y participons tous, cette action aura un réel poids médiatique et politique, quelques mois avant les élections !

Faites circuler au maximum cet appel autour de vous et dans tous vos réseaux ! Faites-le aussi apparaître sur votre site !

11.1.07

à la caisse des pleurs (3)



Nouvelle année, on regarde droit devant, et moi, je vous propose un flashback… un troisième épisode de mon ex-vie de caissier. La vie Auchan, la vraie vie… et mon cul c’est du poulet !


8h25. Je fais l'ouverture du magasin. Dans cinq minutes, les caddies et cabas qui trépignent devant les grilles vont s’engouffrer dans les allées, contourner les têtes de gondole et se ruer vers les étals de légumes, les stands de fromages, poissons et charcuteries. Les roues des chariots crissent de concert, les poussettes se remplissent méticuleusement – la ménagère du matin sait exactement ce dont elle a besoin. Il ne faut cependant pas trop s’attarder car le repas de midi crie « Au frais ! Au frais ! Aux provisions ! ». Dix francs les trois avocats. Quinze francs les quatre pomelos. « Tatez-nous. Achetez-nous. Mangez-nous. »


J’émerge d’un réveil difficile. Ce matin n’était pas propice à l’école buissonnière et son lot d’excuses : « j’ai eu une panne d’oreiller ; ma serrure est cassée, obligé d’attendre le serrurier ; j’ai oublié que je travaillais aujourd’hui ; panne de courant » et j’en passe. Sous toutes ces excuses couve le « j’ai pas envie ».
J’actionne le pilote automatique. Un coup de propre à ma caisse. J’attends. Les premiers clients sont un panachage de p’tits vieux, de lève-tôt, de clochards et paumés en tous genres. Mon premier client est une cliente. Elle vient faire ses provisions de rouge qui tache. C’est une voisine et elle me reconnaît. Le visage rubicond et la parole volubile. Elle parle fort. Sur le tapis de caisse, un intrus, une boîte de conserve dissimulée derrière le jerrycan de vin rouge. « Il faut bien manger », me dit-elle de son air rigolard. Elle paye avec une poignée de ferraille qu’elle vide de ses poches de pantalon. S’en va. Un grand signe du bras au loin pour dire au revoir. Il signifie : « A demain mon pote ! »

Le passage en caisse est fluide. Je satisfais aujourd’hui aux critères d’efficacité et de rapidité, douze articles par minute. Je me concentre sur la vitesse de passage et le temps s’envole. Deux heures s’écoulent. Deux heures sans qu’un client ne m’adresse la parole. De toute façon, je déclenche mécaniquement le SBAM, la formule accueil gagnante de l’enseigne. Sourire. Bonjour. Au revoir. Merci. Oublions le sourire pour l’instant, pas envie. Quant au bonjour, il doit être précédé d’un monsieur, madame ou mademoiselle. Pas un jour sans que je prenne madame pour monsieur, monsieur pour madame, ou mademoiselle pour madame. Rebelote pour le au revoir. La formule complémentaire, cadeau de la maison, c’est « à bientôt, bonne journée, bonne soirée, bonnes fêtes, joyeuses Pâques. » Allez vous faire foutre oui ! C’est le SBAM+


Voici l’affluence de 10h30. Dans la file je reconnais madame A. Quelques articles dans les mains qu’elle dispose précautionneusement. Si peu d’achats, c’est à se demander si les p’tits vieux n’échelonnent pas exprès leurs courses sur toute la semaine afin de ne passer que quatre ou cinq articles en caisse chaque jour. Elle sort son porte-monnaie de son sac en bandoulière, saisit ses lunettes, plisse les yeux afin d’en vérifier la netteté puis s’assure qu’elle ait bien l’appoint. Elle règle ses achats systématiquement en espèces. Le paiement sera aujourd’hui agrémenté d’un petit sourire.


Mercredi suivant. 11h40. Je reviens d’une pause repas anticipée. Retour au boulot. Sur mon chemin, l’allée de caisses est propice aux discussions. Je discute avec la « top hôtesse » du mois. Ne dites pas caissière mais hôtesse de caisse. Puis je croise madame A., apparemment en proie à un malaise, je me presse à sa rencontre, lui propose mes services, qu’elle refuse. Tout va bien, me dit-elle, elle ne veut gêner personne. J’insiste. Elle refuse à nouveau mais avec un sourire – un rictus de douleur. Je la laisse le temps d’aller chercher une chaise et un verre d’eau. Je les lui tends. Elle se confond en remerciements. C’est normal, lui dis-je. Puis elle me prend le coude et me glisse dans son accent asiatique, « vous, vous avez un cœur en or, gardez-le. » Je lui réponds par une faible tape amicale sur la main et la quitte.

C’est à sa phrase que je songe lorsque la semaine suivante elle vient régler ses achats à ma caisse. Je me suis toujours demandé si mes clients habitués choisissent chaque fois la caisse et son employé ou si c’est le fruit du hasard. Peut-être un peu des deux. Cette fois-ci, ma vieille asiatique a les yeux rouges. Visiblement, il lui est arrivé quelque chose. Elle sait qu’elle peut parler, et c’est ce qu’elle fait :

- Je ne sais pas pourquoi ils ont fait ça… Vous savez ce qui m’est arrivé ? Je montais dans le bus… et, à l’intérieur, deux jeunes garçons s’approchent de moi. J’imagine alors qu’ils veulent me donner un coup de main. Mais non ! Le grand m’agrippe les épaules et me sort du bus. Ils riaient… ils riaient… et le bus est parti sans moi. Qu’est-ce que je leur ai fait ?


la poule Claudette



Les lecteurs sagaces de ce blog ont fait la connaissance cet été de la poule Yvette.
Je viens rassurer certains d'entre vous: Yvette a survécu aux fêtes de fin d'année. Sa cousine, Valérie - la blanche - a souhaité prendre la pose. Les présentations sont faites, passons à tout autre chose...

maj 16/3/2008
baptême tardif d'une camarade de chambrée de Valérie. Je vous présente Claudette, à sa gauche.



31.12.06

mon téléphone-appareil-photo-friteuse-et-parfois-steppeur


Ci-dessus, un instantané de ma belle campagne périgourdine saisi par mon téléphone-appareil-photo-friteuse-et-parfois-steppeur.

Message perso (pas vraiment perso) : dimanche 31/12 14heures dans le sud-ouest de la France = minuit à Melbourne, 2006 en France = 2007 en Australie ... heureuse année à toi, l'homme de ma vie... heureuse année à toi, ami lecteur : je te souhaite de rire à gorge déployée, de cultiver ton jardin (au sens propre comme au sens figuré), de grandir, grossir, maigrir... avec entrain. A vous tous: un carton, que dis-je, un container de tendresse.

Un quart d’heure de sport = un quart d’heure de philosophie


Lundi

Vouloir perdre les poignées d’amour en cette période de ripaille, c’est comme… (la métaphore ne vient pas; à toi, cher lecteur, la parole) L’espoir fait vivre : un quart d’heure de vélo d’appartement = 270 calories dépensées. Aucun paysage ne défile. Je saisis derrière moi un volume de l’encyclopédie familiale vieille comme Hérode. J’apprends – tout en pédalant – que Démocrite, philosophe grec (v.460 av. le p’tit J – v. 370 av. le marmot de Marie), était célèbre pour son aptitude à rire et son savoir encyclopédique.

Pour Démocrite, la nature est composée de vie et d’atomes et il n’existe rien d’autre. Le tourbillon des atomes peut provoquer des mondes éphémères ; par leurs combinaisons, ils produisent les corps les plus divers. « Rien ne naît de rien », écrit Démocrite, et tout s’enchaîne nécessairement ; les corps naissent des combinaisons d’atomes et disparaissent par la séparation des atomes. L’âme est faite d’atomes, et la connaissance sensorielle est due à l’émission par les objets de substances très fines qui agissent sur les sens. Toute connaissance vient des sensations, mais peut s’élever au-dessus d’elles par la raison.

Tous les chemins mènent à Bergerac (sauf les jours de travaux sur la départementale j’sais-plus-combien). Tout mène à tout – pour peu qu’on s’en donne la peine, évidemment. Un quart d’heure de sport = un quart d’heure de philosophie.

Qu’est-ce qu’il va nous sortir demain ? Le mys-tère est dentier.

N.B. Ceci est un vrai feu de cheminée. Je profite de ce N.B. pour claquer une bise sur la joue rosie par le froid de Delphine, copine de CE1 retrouvée grâce à ce blog) et qui lit parfois ces lignes: de jolies fêtes à toi et aux personnes qui te sont chères! (Laisse un commentaire : j'aurai l'impression que ce blog a d'autres lecteurs que moi et moi-même).

la poule Janine


Dimanche

Dehors : - 3° Purée de pois, gelée blanche et givre. Sur l’arbre à oiseaux, cohabitent mésanges, chardonnerets, moineaux. Un rouge-gorge se tient à l’écart.

Je m’empiffre de crème anglaise pendant qu’oncles et tantes jouent à la belote.

Dans le cageot Gamin, la poule Janine a beau couver, elle se les gèle (les plumes). Pour mes chers lecteurs à qui j'ai promis des nouvelles de la poule Yvette: Yvette gambade gaiement (sa photo dans un prochain billet).

18.12.06

je n'aime pas N....


Avertissement:

Soyez gentil, ne me souhaitez pas joyeux N..., je n'aime pas N....
Je ne crois pas au Père N... ni au petit Jésus dans la crèche.
N'essayez pas de me convaincre, je risque de blasphémer et vous l'aurez cherché.
Bon, mais à part ça?
J'émigre au doux pays des Cathares, dans la bonne ville d'Albi. Et le soir du 31, en compagnie de joyeux lurons, nous fêterons les anniversaires, les non-anniversaires, Halloween, la St. Valentin, la St. Glinglin, la St. Sylvestre (sans cotillons, non merci, le ridicule ne tue pas mais tout de même), Pâques, la fête des mères, des pères, des grands-mères, des secrétaires, la fête du boudin et de l'andouillette, la fête de rien.
Puis une petite virée en famille dans le Périgord, oui, je devine vos pensées : il va quand même dire "Joyeux N...", eh bien non, je résisterai, je dirai "joyeuses Pâques" ou "joyeux" tout court, ou rien, juste le sourire crispé du constipé.
Rabat-joie, moi? Non. J'essaie parfois de ne pas jouer au grand jeu de l'hypocrisie. Vous avez essayé, vous? Je sais, c'est dur.
Pourvu que mes parents n'aient pas trucidé la poule Yvette (cf. plus bas dans mon blog). Chers amis, chers inconnus (si vous lisez ce blog, nous sommes déjà amis, un peu, non?), je publierai deux trois photos des survivant(e)s du poulailler familial.

Au fait, joyeux achats ruineux!

15.12.06

l'homme de ma vie (2)


le dix-neuf mai deux mille six, Laurent et Laurent dialoguent
pour les curieux, le Français est en bleu, l'Australien en rouge

12.12.06

Swan Lake par Matthew Bourne



Pour la lecture au coin du feu, allongé sur la peau de bête, je vous conseille d'acheter LE MONDE 2 (supplément du MONDE de ce week-end, 16/12) où vous trouverez la nouvelle "Les Cinq Soirs du Lion" de mon amie Mélanie Fazi.
Et si son écriture vous transporte, vous pourrez vous plonger dans ARLIS DES FORAINS, "lu et approuvé" par votre blogueur et serviteur ou encore sa remarquable traduction de "Lignes de Vie" de Graham Joyce pour laquelle Mélanie a reçu le Grand Prix de l'Imaginaire dans la catégorie traduction. (je joue au facteur et transmettrai vos commentaires).
A vos buralistes et libraires!

Côté news:
J'ai la tête dans les nuages, encore émerveillé par le SWAN LAKE de Matthew Bourne qui a revisité "Le Lac des Cygnes" de Tchaïkovsky. Ca réchauffe le coeur de voir du grand et beau spectacle, intelligent, drôle et bouleversant.
Mention spéciale pour les lumières de Rick Fisher: sublimes!
Les "bravos" enthousiastes ont longtemps résonné dans la salle. Nini, Coco & moi avions les paumes rouge sang et les yeux pleins d'étoiles.
Ce soir-là, soir de dernière, Thomas Whitehead interprétait le Cygne, Saranne Curtin la mère (une classe époustouflante), Mélanie Thiebaut dirigeait les 27 musiciens dans la fosse avec une énergie débordante.

Je lis stupéfait l'annonce qu'avait fait autrefois paraître Bette Davis dans le magazine Variety: "Comédienne expérimentée au chômage, deux oscars en guise de référence, cherche emploi à n'importe quel prix." Une leçon pour la génération geignarde de beaucoups de comédiens et comédiennes en herbe d'aujourd'hui (avec ou sans talent).

10.12.06

A ceux et celles, celles et ceux pour celles et ceux qui ...



Un dimanche matin, en vrac:
Ce matin, avant d'envelopper le cadeau pour ma petite Alice, (mince... sa mère risque de lire ce blog... du coup, plus de surprise... qu'est-ce que je fais... Sophie: ne lis pas ce billet! mais seulement les suivants...) j'écoute l'épatant Soldat Rose et retombe en enfance. A moins que je n'en sois jamais véritablement sorti.
A ceux et celles, celles et ceux pour celles et ceux qui affectionnent la galanterie, donc, aux lectrices et lecteurs qui me demandent: mais, pourquoi y a pas de photo de ton homme? Je réponds: lui, n'a pas de blog, je respecte son intimité. Certes, je dévoile à la blogosphère un pan de notre intimité, mais préserve un peu de la sienne. C'est un petit peu ambigu, j'avoue. Je ne suis pas gémeau pour rien. (j'entends déjà vos "ah, quelle horreur, un gémeau" ou "eh ben, ça ne m'étonne pas!")
Afin de satisfaire votre curiosité débordante, je publie aujourd'hui une photo d'un cousin à peine éloigné pris sur le vif à Vincennes. Les amis de Laurent confirmeront la ressemblance.

Ce matin, Laurent, j'ai cueilli pour toi 9 paquerettes que je n'effeuillererai pas.
A la folie, passionnément.

9.12.06

des feuilles mortes, couverture pour l'hiver




Il était temps...
beau temps sur mon jardin.
Cette après-midi, j'ai plongé mes mains dans la terre, je brasse terre de bruyère, compost et terreau, je sème du gravillon au fond de mes pots, de mes jardinières.
You, le chat vient m'aider, se frotte, manque se faire écraser une dizaine de fois.
Un rosier grandes fleurs, rouge foncé velouté, Mister Lincoln, parfum intense.
Brouette, bêche, serfouette et plantoir s'activent sous les chapelets de notes aiguës, vibrantes d'un rouge-gorge.
Un rosier "à fleurs groupées" rose pâle coeur foncé, Joachim du Bellay.
Des feuilles mortes, couverture pour l'hiver.
Un framboisier Belle de Malicorne, chair fondante, juteuse, sucrée et parfumée, pour l'été.
Des pensées jaunes, des pensées mauves, des violettes, des primevères, du myosotis.
Et des oeillets.

Quand j'étais petit, j'ai eu droit à mon lopin de terre: et j'y ai planté des oeillets.

Jeans maculés de terre, mains sales, coeur léger.

J'oubliais le pommier d'amour pour mon homme.

7.12.06

à la caisse des pleurs (2)





La vie Auchan vue par un "hôte de caisse" (extrait de mes trois années de caissier)

Des lignes verticales formées par un flot continu de clients qui viennent régler leurs achats, tels des bouchons aux péages d’une sortie d’autoroute. Une ligne perpendiculaire ponctuée de caisses. Tout le personnel est sur le pont, c’est l’affluence.
Côté magasin, on se presse vers une caisse qui vient d’ouvrir, on trépigne entre deux caddies, on avance à pas de fourmi, on regarde d’un mauvais œil celui qui tarde à ensacher, le caissier qui discute, celle qui a oublié le code secret de sa carte bancaire, on est stoïque ou on s’engueule. Puis il est temps de dégainer son porte-monnaie et de partir.
Côté galerie marchande, on reprend un rythme actif, la frénésie d’achats compulsifs se poursuit, on pénètre dans de nouvelles boutiques ou on s’en va, poussant, poussant le chariot dans l’escalator. A l’agitation se mêle un bruit assourdissant : un concert de bips pour la centaine d’articles passés, le ronflement de la clim, deux bips bips simultanés émis par les bornes antivol, des bribes de discussions, et, pour couronner le tout, un animateur qui attrape le chaland, à l’aide de son micro. « Allez-y mesdames et messieurs, voyez la belle tête de gondole au rayon frais, promotion flash sur le pâté de tête, attention ! plus que dix minutes de pâté de tête ! » Bla bla bla bla ! On aimerait lui couper le sifflet.
Au cœur de ce tableau vivant, deux têtes penchées à l’unisson. Un cordon téléphonique tendu relie un caissier et une caissière. Le combiné est bloqué entre l’épaule et l’oreille gauche. Tels deux corps désarticulés, les bras travaillent en s’agitant de part et d’autre de la caisse, on fait rouler un pack d’eaux minérales, la main droite pianote un code, un prix ou un mode de paiement. Pour Laurent et Valérie, la priorité est cependant la parlote. On échange les derniers potins ou on s’enquiert de la vie sentimentale de l’autre. Lui, cheveux bruns courts, rasé de près, le regard malicieux. Elle, cheveux blond cendré, poitrine saillante, tout en rondeurs, humeur piquante.
« -Eh Valérie !
-Quoi ?
-Regarde ! T’as Sheila qui passe à ta caisse.
-… »
Valérie glousse puis raccroche, réprime son envie de rire lorsqu’elle prend en compte « Sheila ». Liliane, sa chef, l’avait déjà rappelée à l’ordre :
« -Tu ne prends pas suffisamment en compte le client suivant.
-Tu ne veux pas que je le suce non plus ? » Liliane fit mine de ne rien entendre, cocha illico zéro à la rubrique « accueil ».
Laurent ralentit l’écoulement des articles. Il aperçoit une vieille dame qui le dévisage. Des cheveux blancs abondants coiffent une tête rougeaude. Une paire de grosses lunettes couvre une moitié de visage. Elle doit avoir 80 ans. Elle lève les yeux au caissier lorsque vient son tour, révélant un front strié de rides. De fines lèvres fuchsia formulent un « bonjour monsieur ». Ses yeux marron attendent une réponse. La main gauche gantée de cuir noir réajuste le foulard chamarré de tons jaunes et roses. Elle semble le connaître, engage la conversation et lui fait part de ses soucis dentaires. Un « si vous saviez » donne le départ à une plainte qu’elle a dû entonner quelques fois déjà. Chaque fois qu’on l’a écoutée. S’est-elle répétée qu’elle ne le sait plus. L’essentiel est pour elle de rester occupée, de s’affairer le matin, de toujours avoir la tête remplie de souvenirs ou de menus projets.« -Vous ne devinerez jamais comment j’ai perdu du poids. Vous m’imaginez, fine comme je suis, perdre cinq kilos ? On m’a opérée il y a huit jours. Mon dentiste m’a arraché deux dents de sagesse. A 84 ans ! » D’abord étonné puis ravi qu’une telle surprise s’immisce dans sa journée morose, Laurent ébahi, ponctue le récit de la vieille dame aux grosses lunettes par un sourire, un air étonné, un autre compatissant, ou une phrase délicate.
« -Vous avez votre petite fille pour vous choyer.
-Ce n’est pas ma p’tite fille. Je n’ai pas d’enfants, vous savez. »
Dans la file d’attente, l’adolescente sourit à la méprise puis vide son panier rouge sur le tapis roulant. Les autres s’impatientent.
« -C’est pas bientôt fini le confessionnal ? »
Laurent précipite le paiement, insère le chèque dans le lecteur, déchiffre la pièce d’identité. Il a pris l’habitude d’inscrire ce jeu dans son travail. Le jeu des 7 erreurs, entre la photo et l’original, le jeu des noms les plus ridicules qu’il délivre en salle de pause, faisant rire les collègues. Il note également le maximum de détails qu’il lui est possible d’enregistrer en deux minutes : temps que met la machine pour lire le chèque, l’imprimer, et le client à signer. Laurent prend les références au dos du chèque, tout en lisant les dates de naissance, lieux de résidence et signes particuliers s’il y a.
« -Au revoir madame Marie, bonne journée et à bientôt ! »
A l’accueil, c’est le bureau des pleurs. Quatre personnes mécontentes en attente. Une cinquième expose ses griefs sur le cahier de doléances mis à disposition. Un défouloir en quelque sorte. Elle y écrit son indignation. Extrait : « …je ne supporte pas qu’on me prenne pour une voleuse. La caissière n°22 a appelé la sécurité pour vérifier le contenu de mes sacs. Dépouillée de mon manteau, de mon sac à main, je passe entre les bornes antivol : je sonne à nouveau. Et devant l’incapacité de dire ce qui sonnait, une des vigiles a eu l’affront de dire, suffisamment fort pour que je l’entende, je vous rapporte la vulgarité « ça doit être son stérilet », un tel comportement est proprement scandaleux !… »
Derrière le comptoir, deux hôtesses s’affairent à satisfaire toutes les demandes. Ou presque. D’un bout à l’autre de leur espace, elles piétinent toute la matinée. La relève est à quinze heures. La grande dégingandée, consciencieuse et appliquée : Sylvie. La petite, vive, impertinente mais efficace : Sophie. Elle répond à une cliente qui refuse d’attendre.
« -Ecoutez, c’est juste pour un sac » insiste-t-elle pour la deuxième fois. Quand Sylvie l’a ignorée, elle s’est tournée vers Sophie.
-Vous voyez la file d’attente, là ? Cette dame attend juste un renseignement, la suivante aimerait juste récupérer son sac mis en consigne, monsieur voudrait juste faire une détaxe, madame attend juste une vérification de prix, quant à moi, je fais juste mon travail, alors, soyez gentille, vous faites la queue comme tout le monde ! » Madame prend un air outré puis s’emporte :
« -Appelez-moi le directeur !
-Vous savez, il a certainement beaucoup à faire. Je suis la responsable ici. Tenez, voici une feuille et un stylo, écrivez donc au directeur, je lui transmettrai vos bons vœux. »
De son côté, Sylvie s’efforce d’écouler le flux de clients rapidement, mais on vient de lui mettre deux marmots dans les pattes. Le frère et la sœur sont perdus mais ne pleurent pas. La petite veille sur son frère en qui monte un sanglot. Il lève les yeux au comptoir où s’explique la dame qui les a trouvés. Sylvie va tenter un appel dans le magasin. Dans la jungle des TG et des caddies, un couple a perdu sa marmaille. Elle saisit le micro et sans attendre que leur animateur ait fini ses incantations, elle enclenche le bouton de façon discontinue, parvenant ainsi à fractionner les phrases promotionnelles en morceaux cryptiques. Elle lui coupe enfin le sifflet et appelle les parents indignes.

« C’est déjà les objets trouvés ici, si en plus, on doit faire garderie… »


30.11.06

Ain't no sunshine



Entre grisaille et éclaircie, "Ain't no sunshine" (la version de Al Jarreau) me berce. Je n'ai pas encore défait mes valises. J'ai encore 2600km dans les pattes. Presque midi, un énième café.
Aujourd'hui: acheter une bouteille de champagne pour mon ami François Caillon, gentil responsable de la photo-chemise rose; faire une lessive; appeler Tony, Obaldia, Dany, Richard M, Lionel qui a lui aussi succombé à la blogosphère (pour le néophyte -ma maman par exemple - cliquer sur les noms ou mots en surbrillance et hop, c'est magique, on voit le travail du photographe ou du chef d'orchestre qui ont la malchance d'être mes amis); chatter avec mon amoureux...

26.11.06

Rafales de vent sur la route qui nous mène en Auvergne


Rafales de vent sur la route qui nous mène en Auvergne.
Bravo à François BEAL pour son indéfectible passion pour Vialatte.
Joyeux anniversaire Mélanie (30 printemps)!
Une virée dans le Périgord, je prendrai des nouvelles de la poule Yvette, promis. Un baiser d'Albi pour Jeff S. qui a craqué pour elle. J'arracherai délicatement (?) une plume et la lui enverrai (si les douanes ne détruisent pas la lettre suspecte).
Lu et aimé "Le Syndrome de Lazare" de Michel Canesi et Jamil Rahmani.
Pour mes amis internautes de France et de Navarre, une mission:
un petit tour dans votre librairie préférée, cherchez le roman, est-il joliment disposé? Est-il déjà dans les rayonnages? (une claque au libraire). Pas sorti des cartons? (deux claques). Commandez-le, achetez-le, lisez-le, et laissez-moi vos commentaires (je transmets aux intéressés...)
J'y vais de ma modeste critique: Je me suis identifié à tous les personnages, c'est dire l'amour que leur portent leurs auteurs. Pudique et cru, très pudique. L'histoire nous transporte dans le coeur et l'âme de Diane, Peter, Fabio, Gabriel et leur petit monde que le sida, la mort bouleversent, transforment. Versez vos larmes dans les lacrymoires. De ces larmes naîtront la vie.

14.11.06

Vincent Elbaz dans MON commissariat

Retour d'une journée harassante de figuration sur le tournage du film de Ariel Zeitoun "Les Buttes Chaumont". Au risque de me griller auprès de la profession ... de la figuration (et promis! je ne crache pas dans la soupe, ou plutôt, pour citer Maurice Roche "Si je crache dans la soupe, c'est pour lui donner du goût.")... tout le monde, ou presque, sait qu'un tournage c'est énormément d'attente... moi je dis chapeau aux techniciens! Trimer alors qu'un figurant se prélasse et se plonge dans un bouquin (je plaide coupable), il en faut du courage pour ne pas le gifler. Donc, l'événement de cette journée de figuration: y en a deux en fait:
1/ je me suis enfin coupé les ongles (pas folle la bête, je savais que j'aurais bien le temps, tranquillement, entre deux prises, donc j'avais dans ma poche mon coupe-ongles, malin le lolo).
2/ j'ai réalisé le rêve de tout gamin, endosser le costume de flic (avec flingue, menottes et tout). Eh bien, figurez-vous que les figurants ne font pas que figurer, ils jouent aussi. Donc, dans ce commissariat, chacun a son chemin tout tracé, prend un dossier ici, va le poser là-bas, en reprend un autre...etc, au top: je vais chercher Mme Michel qui a perdu son chat (mon cher collègue lui prenait sa déposition), vais l'asseoir à un autre bureau, puis... tout à trac, je murmure à l'oreille d'un autre flic: "Hé! t'as vu? Y a Vincent Elbaz au mitard! Ils l'ont coffré pour quoi?" On ne me répond pas. Le collègue se figure sans doute qu'il me manque une case et se dit "mais oui, patate! tu n'as pas vu? depuis ce matin qu'on tourne!" ... mais moi, je jouais le flic qui est é-ber-lué de voir Vincent Elbaz dans SON commissariat.
Le réalisateur me tape sur l'épaule "Poussez-vous, vous êtes dans le champ!"

Moi je trouve que la vie nous réserve de jolies surprises: un film sur le gang des postiches (qui ont fait la une des journaux et braqué quelques banques) tourné dans les anciens locaux d'un hôtel des impôts, ça réconcilie avec la vie, vous ne trouvez pas? Ou bien, est-ce que je m'extasie devant n'importe quoi? Faut me le dire. Que je redescende sur le plancher des vaches.

A propos de vaches... vaches, cochons, poulains... je ne vous avais pas dit que j'avais mon bras dans "Amélie Poulain" si si, je vous jure! C'est mon amie Karel, la meilleure hôtesse de l'air de l'univers qui m'a remarqué (fortiche la Karel). Rue Lepic, Amélie aide l'aveugle à traverser, et pi hop, Lolo, affublé du tablier du fromager, s'approche de la cliente figurante très sympa qui vient m'acheter des oeufs... Hop, je tate des oeufs dans "Amélie Poulain"

4.11.06

le Syndrome de Lazare



Voici quelques lunes que j'entends mes amis parler du parcours du combattant qui les a conduits - par bonheur - vers la publication de leur premier roman. Ca y est, les voilà plongés dans le grand bain de l'édition.
Longue vie au SYNDROME DE LAZARE.
Et pour les curieux, une visite du site s'impose:
www.le-syndrome-de-lazare.fr

Vous y trouverez des extraits, des illustrations épatantes, des lacrymoires, une salamandre pétulante, Le Caravage, des cocottes en papier, Sheila inspiratrice, un entretien avec les auteurs, un magnifique bouquet de roses...

p.s. à lire bientôt le formidable article de Philippe-Jean Catinchi

1.11.06

l'homme de ma vie (1)



Voici quatre ans que lui et moi utilisions les moyens modernes de communication: chat, webcam mais aussi le téléphone et le courrier. Quatre ans que les continents nous séparaient. Ni lui ni moi n'étions encore prêt à sauter dans le grand bain d'une relation. J'ai lu son profil, j'y ai "vu" quelqu'un de sensible, honnête et... formidable. Au fil des conversations, nous nous trouvions de troublants points communs, découvrions l'univers de l'autre, par le truchement de la webcam. Quand il y a un an, quelqu'un est entré dans ma vie, il a patienté, remis son voyage en France à plus tard, ne m'a pas confié son désarroi ni son impatience.
"Jeudi 7 septembre 2006, je me réveille dans les bras de Laurent". Voilà ce qu'il avait écrit sur son agenda moleskine.
Pendant que je conduisais, de retour de mes vacances "studieuses" dans le sud-ouest, lui traversait les océans. Mes 700 kilomètres faisaient pâle figure à côté des 17000 qui nous séparent, qui séparent Paris de Melbourne.
Le 6/09/2006, je me trompe de terminal d'aéroport, nous nous attendons à deux endroits différents. Quand une heure plus tard, nous parvenons enfin à nous rencontrer, après ces quatre années de virtuel, c'est le choc, pour lui comme pour moi. D'aucun appellerait ça le coup de foudre. Nous ne savions pas que le sort nous réservait d'aussi belles surprises. Jamais je n'aurais cru... je ne pensais pas que... ça m'est tombé dessus et j'en suis encore estomaqué.
Il vit dans un grand appartement dans un pays démesuré et le voilà coincé pendant un mois dans mon vingt mètres carré. Nous nous construisons un quotidien, fait de petites habitudes et de virées extraordinaires, de promenades dans les bois et sous la tour Eiffel qui scintille. J'ouvre des portes cochères interdites, je l'emmène à l'Opéra Garnier, veux absolument lui montrer ce somptueux plafond de Chagall et trompe la vigilance des sentinelles qui empêchaient ce jour-là l'accès à la salle. Une nuit à contempler Paris du haut des marches de Montmartre. Une après-midi à observer les pensionnaires du zoo de Vincennes (Suricates, hippopotames, girafes et loup blanc). La fausse cascade et la vraie splendeur du Parc des Buttes Chaumont.
Mes amis, Mado, Nini, Tony, Amandine, Bernard l'accueillent à bras ouverts.
Il apprivoise ma "niche" de vingt mètres carré. Nous nous réveillons dans les bras l'un de l'autre et le monde nous appartient. Un sourire, un éclat de rire de lui et je fonds.
Chacun chez soi depuis un mois. Le passage à l'heure d'hiver nous décalent de deux heures. Quand il se lève, je me couche. Quand je me couche, il se lève.
Il est 22h22. Dans 8 minutes, je l'appelle et le réveille pour lui dire que je l'aime.

3.9.06

la maison de l'amitié (1)




Dernière fête avant la rentrée

Chez nos Fafa et Mimi nationaux, un apéro au champagne. On guette les lapins qui gambadent. On se prépare à aller banqueter à l’Hostellerie du Parc, chez Claude Izard, aux Cabannes (à quelques kilomètres de Cordes).
Je suis encore épaté par la recette de « la Poule au foin ».
Si vous passez par là… Claude, Fafa, Mimi, Rachel, Le Vagabond aka Bécassou, Miquette, Nini, Mado, Marie la potière, Pagel, Marithé et les autres, merci!

Une petite balade sur les berges du Tarn ?



Une petite balade sur les berges du Tarn ?

Après des journées studieuses, rien ne vaut une belle respiration. On prend le chien fou. Surnommé par sa maîtresse « le plus beau chien de la terre », Arthur est heureux comme un pape.
Amen!

les mûres de l'autre jour




Les mûres ont eu chaud

Et nous nous sommes régalés. Faite par Nini les belle gambettes.

sur la D999 (1)




Sur la route de Gaillac…

On devine de somptueux paysages, encore préservés. Au-delà des collines balayées par une bise occitane, le village au nom évocateur de Cordes-sur-ciel. Un pur joyau !

J’ai fait pipi à Nicole





Sur la RN113, je fais une petite halte. Mon but : rapporter des clichés du village dénommé Nicole. Et que la petite bande d’amis albigeois se fendent la poire. Eh bien, j’ai eu une très jolie surprise. Nicole offre un point de vue magnifique sur la vallée du Lot et de la Garonne. Comme me l’a gentiment fait remarquer Michel Pagel : d’où le nom du département, le Lot et la Garonne ! Ouah !
Et je tiens à signaler que la Dore et la Dogne forment la Dordogne à leur confluent.
Donc, revenons à Nicole, charmant panorama. A quelques kilomètres avant : le lieu-dit « Courage ». Après Nicole et son calvaire, on souffle et on traverse le pont de « Saint-Léger ».
Seul regret : ne pas participer au loto/bingo organisé par l’amicale nicolaise, mais ce n’est que partie remise.

la mutante





Les merveilles du jardinage bio et maison. Les tomates de mon papa sont difformes et délicieuses. Quand les gens comprendront qu’une tomate lisse et belle n’a par définition aucune saveur.

la poule Yvette




Papa et la poule Yvette

Yvette aime aider mon père à désherber le rang de carottes.
Yvette est venue à mon secours quand je me suis mis au jardinage.

Cueillir des mûres sous l’œil placide des vaches





Il n’y a que l’été périgourdin pour m’offrir ces moments champêtres et vivifiants. Cueillir des mûres sous l’œil placide des vaches. J’en mange autant que j’en cueille. Il m’attraperait ces coups de lune qui me caractérisent parfois, je me roulerais dans l’herbe, heureux du quart d’heure nature.
Le tonton gâteau peut se permettre de courir dans les champs, se cacher derrière une botte de foin, poursuivi par une Alice en joie.
Et parfois nous allons cueillir quelques fleurs : une pour mamie, une pour maman. « Une pour mamie, une pour maman » me répète-t-elle à chaque fois.
Alice a un tonton un peu frappadingue mais je crois qu’elle adore ça.
Un tonton clown.

1.8.06

à la caisse des pleurs (1)

Un court texte que j’ai souvent partagé.
Un reste de mon expérience de caissier - histoire vraie

LE LANGAGE DES FLEURS 25/02/2001

Je dis bonjour à la dame. Elle ne me répond pas. Ses courses s’entassent sur le tapis roulant. Je les saisis une à une, les passe au scanner, les range dans les sacs plastiques, saisis, passe, range, saisis, passe… J’en ai marre ! Tous les jours, c’est le même cirque. Assis sur un siège inconfortable, je rêve de mon lit. Du fond de la galerie marchande perce un rayon de soleil. Il y a de l’air, une infinité de possibles. Je pourrais siroter un café, bronzer dans mon jardin, lire, m’évader, une amie viendrait frapper à ma porte et nous pourrions…


Le temps de ce voyage, vingt-cinq clients sont passés, ont réglé leurs achats, sont partis, après un au revoir monsieur, madame ou mademoiselle prononcé machinalement. J’étais ailleurs je vous dis. Dix clients à l’heure, pas terrible ça. Une présence bienveillante m’a tiré de ma rêverie. Une vieille dame que je vois depuis plusieurs semaines. Nous n’avons jamais discuté. C’est étrange comme elle est venue vers moi. Je l’ai prise pour une autre, une voisine. Aujourd’hui elle revient, elle fait la queue, je la regarde. Elle fuit mon regard. Je saisis ses articles, puis les ensache, lui dis bonjour, vous allez bien ? Elle me répond par un large sourire qui illumine son visage. Pourtant ce sourire a quelque chose de cassé. Une émotion dans ses yeux la trahit. Elle me tend une main tremblante. Au creux de cette main, une petite enveloppe blanche. Il s’agit peut-être d’un pourboire et je n’ai pas le droit. Je ne voudrais pas décevoir son élan généreux. Ses yeux sont baissés. J’accepte discrètement l’enveloppe et la dissimule sous mes chèques. Je ne peux pas l’ouvrir maintenant, je vais attendre. Je ne sais pas quoi lui dire. Nous nous sourions timidement.

Elle s’en va. Un sac plastique à chaque bras. Elle a les yeux rouges, se retourne. Arrivée au bout de l’allée, elle se retourne encore. Craint-elle que je n’ouvre pas ? Mes pensées la suivent, l’accompagnent dans son trajet en bus, lui portent ses courses dans l’escalier, entrent et découvrent son appartement, les portraits qui sont affichés, lui tiennent les mains, engagent une conversation à mots comptés. Il faut pourtant que je revienne à moi, et continue de travailler. Les clients se suivent et se ressemblent. Le mécontent, l’irascible, la marmaille, l’absent. Je brûle de savoir ce que contient l’enveloppe. Un petit quart d’heure et c’est ma pause.

J’ouvre. Et là, point de pourboire mais un billet écrit, une liste manuscrite : « le langage des fleurs », et au fond de l’enveloppe, une violette.